ERE DIGITALE : Ce que doivent comprendre les marques

Merci à tous pour les commentaires et messages liés au précédent article.
Cela me touche beaucoup et je vais tâcher de revenir plus souvent ici
Pour partager mes avis et coups de cœur
Quant à l’aventure bordelaise, j’y reviendrai un jour en détails promis.

Je voulais aujourd’hui répondre publiquement
A de nombreux échanges eus par messages
Au sujet des marques ayant fermé boutique récemment.
Vous m’avez demandé si cela me surprenait et mon avis les raisons de cette vague.

Loin d’être une critique de leur stratégie ou de leurs produits,
Je voulais juste faire un point sur la difficulté pour une marque
Pour être visible et fonctionner sur le long terme à l’ère digitale.

Le digital, ce sujet me passionne depuis longtemps.
Pour moi, le digital est une nouvelle révolution industrielle
A laquelle toute marque doit se soumettre sous peine de …
Disparaitre !

Petite entreprise ou grand groupe, à mes yeux,
Personne n’est à l’abri du naufrage si le virage digital n’est pas enclenché
En respectant les bonnes règles.
Car ces règles, notamment celles du marketing, ont complètement changé
Au fur et à mesure qu’Internet a pris son ampleur.

Première idée à avoir en tête quand on est une marque :
Le consommateur a pris entièrement le pouvoir et a soumis les marques.
Nous sommes très loin du marketing traditionnel :
La marque univoque qui répète un message à un consommateur passif et disponible
Sur un nombre de media limité : TV, radio, print, ciné
Où finalement le budget alloué permettait de se différencier presque plus
Que la finesse de la stratégie déployée.

Avec le web 1.0, l’ère des moteurs de recherche,
Le consommateur a gagné le droit d’être informé
Et la marque a perdu le droit à l’oubli :
Tout est enregistré et Google va même jusqu’à suggérer les termes
Associés à un bad buzz quand on entre le nom de la marque.
(Par exemple Kitkat Killer et Greenpeace)
Cela implique une transparence sur le réseau de distribution, sur la concurrence, sur les prix …

Avec le web 2.0, le web social,
Le consommateur a gagné le droit de participer,
Et les marques ont perdu le contrôle du message, de ce qui est dit sur elles,
Elles doivent donc se soumettre à un consommateur qui devient un media,
Un consommateur qui devient narcissique et exigeant car il est dorénavant influent
Et en profite pour être capable du meilleur comme du pire (bad buzz, bashing, leaks, rumeurs …)

Avec le web 3.0, le web sémantique,
Le consommateur termine de soumettre les marques à sa volonté.
Ce n’est plus la marque qui lui impose son message
Mais le consommateur qui exige que celle ci s’adapte à lui et lui délivre le fameux :
Bon message, au bon moment, au bon endroit, sur le bon device.
Et le consommateur ne se laisse pas faire :
Il n’est plus fidèle et zappe de marques en marques sans souci,
Il est sur-sollicité et n’a plus envie de subir la publicité par exemple
(D’où la montée des Adblockers, de l’effet « banner-blindness » …)
Et attend donc de la marque un service parfait, non intrusif, utile et qui s’adapte à son contexte.

Le nouveau consommateur impose donc ses règles :
Il recherche de la transparence, de l’authenticité,
Les meilleures conditions (frais de port, prix, SAV en temps réel …)
Et se réfère beaucoup à l’avis de ses pairs.

2 éléments assez intéressants :
A l’heure où tout se virtualise, le consommateur recherche du lien réel :
Une vraie conversation avec la marque, être considéré comme un être à part entière, connu et reconnu
Des publicités/contenus qui génèrent de l’émotion, ….
Et à l’heure où le consommateur vit une perte de repères (famille, crise économique, mondialisation, …)
Il recherche dans le discours des marques
Du sens, une vision du monde comblant cette perte de repères
Et répondant à ses propres valeurs et attentes.

Aujourd’hui donc, il ne s’agit plus pour les marques de vendre un produit,
Ni même un produit et des services gratuits associés,
Mais de permettre au consommateur d’appartenir à une communauté
Dans lequel il se reconnait, trouve une identité.
« Être », « appartenir » devient plus important qu' »avoir ».
(Avoir un iPhone n’est pas simplement avoir un bon téléphone
C’est faire partie d’une modernité, d’une communauté).

Tout cela pour dire que le digital a donné le pouvoir au consommateur
Qui impose ses règles et attend beaucoup des marques.

Deuxième idée importante :
Le consommateur est partout
Et souhaite donc trouver les marques partout.

Les moyens offerts aux marques pour communiquer ont explosé
On ne compte plus le nombre de canaux (ordinateurs, mobiles, tablettes, magasins, pop up stores, … et bientôt objets connectés)
Et de « touchpoints » (mails, SMS, réseaux sociaux, sites, display, tchat, moteur de recherche, appli …)
Sur lesquels le consommateur se promène sans grande logique
Et sur lesquels pourtant il attend une grande cohérence
(Impossible aujourd’hui de ne pas trouver en magasin un  article vu online
Ou de le trouver à un prix différent
Impossible d’accepter de voir un site mobile qui ne soit pas à la hauteur sur site web classique …)

Les marques doivent donc être présentes sur tous les types de medias
Avec cohérence :
Elles doivent être correctement référencées sur Google,
Elles doivent pratiquer la publicité digitale,
Comme le consommateur ne croit plu à la publicité,
Elles doivent aussi produire du contenu pour parler d’elles et de leurs valeurs et histoire
Pour éviter de sur-solliciter le consommateur avec du contenu et aussi pour diffuser celui-ci,
Elles doivent être présentes sur les réseaux sociaux, s’associer aux bons influenceurs
Et veiller à ce que leur stratégie mobile soit à la hauteur
Voire même soit très qualitative, le mobile étant en train de devenir primordial.

Je ne rentre même pas dans le sujet du Big Data qui devient très stratégique
Pour mieux cibler les consommateurs mais surtout pour
Comprendre et anticiper ses attentes, ses parcours, ses recherches.
(C’est Amazon qui teste aujourd’hui les « expéditions avant commande » !!!)
Et deviner les futures tendances.

Bref, aujourd’hui, une marque doit être partout,
De manière cohérente, proche du consommateur,
Répondant à tous ses desiderata avec un niveau de service élevé
(Même le luxe s’y perd car finalement, tout se « luxifie » avec la digitalisation.
Ses bases étaient : une grande connaissance et considération de ses clients,
La magie créé par l’histoire et les valeurs de la marque, l’authenticité etc
Je ne développe pas mais tous les avantages concurrentiels qui étaient propres au luxe
Deviennent les bases d’une bonne stratégie digitale pour ne pas être noyé dans la masse)

Le but d’une marque, petite ou grande, est donc de devenir une « love brand »
Marque référente dans son domaine, une marque qui :
S’adresse à l’humain, comprend son consommateur, exprime sa raison d’être,
Est utile et engagée, est pertinente, ouverte, authentique, cohérente.

Pas facile quand on est un grand groupe,
Alors quand on est un auto-entrepreneur !
Quelle montagne à gravir car oui, il faut l’avouer,
Le consommateur a conscience de la situation de chaque marque
Mais impose quand même les mêmes règles à tous et le même niveau d’exigence.

J’ai résumé la guerre digitale actuelle de manière très macro
Pour faire comprendre qu’une marque ne peut aujourd’hui simplement vendre un bon produit.
Il faut avoir une âme, l’exprimer et surtout rester cohérent.

Pour une « petite » marque,
On ne parlera pas de la publicité en ligne, ni de big data,
Mais je pense qu’il est important de :

1. Se différencier par les produits
Car le consommateur est ultra informé et colporte l’info – bonne ou mauvaise
Je ne reviendrai pas sur la copie, qui a été naturelle et saine de tout temps.
Je dirais simplement que la copie existera toujours
Mais qu’à l’ère digitale elle se doit d’être qualitative car elle devient particulièrement visible
Donc la copie devra être supérieure ou mieux positionnée que l’original
(Je pense ici à Petit Bec et Suzon dont on parle beaucoup actuellement.)

2. Se renouveler
Car le consommateur se lasse vite et est très volatil.
Il ne faudra pas juste changer de tissus et conserver des années les modèles qui marchent
Et je sais que c’est quelque chose de très très difficile quand on est une petite structure
Avec un budget non extensible.
Mais être créateur c’est créer ;)
(C’est peut être cela qui a péché avec Chouchou et Mandchou)
Ou alors le point stratégique de la collection ne doit pas être le modèle.
Si je prends Le Petit Germain par exemple, sa force est la couleur et son univers.
On peut alors garder le même modèle si l’élément différenciant change régulièrement.

3. Avoir une âme
Car le consommateur recherche des repères, des valeurs, une utilité.
Sur ce point, rien ne peut se construire « facticement »,
Pour moi, cela tient à son fondateur qui injecte sa vision du monde.
Prenons un exemple avec 2 marques qui sortent leurs collections très en retard :
Frangin Frangine et Bonjour
Ce problème identique pour les 2 n’est pas perçu du tout de la même façon par les consommateurs :
Pour Frangin Frangine,
Vous râlez (si, si !) et finalement n’achetez pas forcément car la penderie est déjà remplie
Tandis que pour Bonjour,
Vous êtes sur les starting block, impatients et prêts à tout pour ne pas rater la vente
Et vous ne vous plaigniez (presque) pas des stocks limités
(Je dis « vous » mais je devrais dire « nous » ;))
A quoi cela tient il ? Pas au simple teasing, pas uniquement à la communication,
Pas uniquement aux produits (même s’ils ont de l’importance)
Mais beaucoup à l’univers créé par la marque auquel le consommateur s’identifie.

4. Être cohérent et authentique
Car le consommateur n’accepte pas l’illogique et le mensonge
C’est un point assez compliqué à gérer pour une marque.
Restons par exemple dans le simple domaine d’Instagram.
Nous suivons tous pas mal de comptes qui font rêver :
De beaux enfants, bien habillés, dans des maisons superbes, sans jouet qui traine ni linge sale,
Des vacances de rêve …
Et qui sont suivis par de très nombreux fans.
Forcément ces comptes attirent les marques qui veulent à tout prix mettre en place des partenariats
Mais parfois selon moi c’est une erreur.
Il ne faut pas se baser sur le rêve que cela génère en nous, ni sur le nombre de fans
Mais bien réfléchir à quelle influenceuse portera le mieux nos valeurs et couleurs.
(Je pense que c’est ce qui a manqué pour Cécotine par exemple.
J’avais été sollicitée par la marque a qui j’avais d’ailleurs répondu
Que je ne semblais pas être son cœur de cible).
Je trouve que l’association entre Mises en Scène ou La Princesse au Petit Pois
Et Les filles au beurre Salé est très cohérent :
Les univers se répondant parfaitement
Et on sent bien que l’on ne recherche pas ici à tout prix la visibilité et le fan
Mais la créativité et l’expression d’un univers.
Quand Jacadi m’avait demandé conseil, ils m’avaient dit être venus vers moi car
Ils considéraient que même si je n’étais pas suivie par des millions de fans,
Ma communauté avait confiance en moi et suivait mes reco.

5. Être crédible
Ce point est lié au précédent.
En restant sur la scène d’ Instagram, par exemple,  il y a beaucoup de genres d’influenceuses :
* Les influenceuses « sponsorisées » à divers degrés :
Enfants habillés par les marques gratuitement, vacances offertes, présence à tous les events marques ….
Dans ce domaine on distingue celles qui l’avouent/celles qui le cachent et celles qui trient les offres/celles qui acceptent tout
* Les influenceuses pour qui ce n’est pas un business mais juste un moyen d’aider les marques
Dans ce domaine on distingue celles qui ont conscience de leur potentiel et celles qui ne réalisent pas leur pouvoir.
Il faut savoir naviguer entre tous ces profils, qui évoluent dans le temps, pour éviter les risques.
Quel est le risque principal ? Perdre en crédibilité.
Les journalistes ont perdu leur crédibilité, les blogueuses ne sont plus en vogue car trop « achetées »,
Les instagrameuses commencent à dérailler, à mes yeux.
Certains profils qui présentaient des moments de vie et des trouvailles deviennent des vitrines,
(Cela peut ne pas poser de problème quand c’est affiché clairement comme Audreylombard par exemple)
Certains profils « perso » sont devenus pro et l’on a pu remarquer
Un flagrant changement de ton (certains nous prenant parfois pour des idiots)
Et la présentation effrénée de tout ce qui peut l’être, sans grand tri qualitatif
Avec une exposition de soi de plus en plus travaillée et peu naturelle.
Ce point peut devenir très irritant et une marque allant vers ces profils
(Visibles, semblant incontournables mais pourtant ne moins en moins crédibles)
Peut perdre de la valeur aux yeux de ses consommateurs.
(Je pense d’ailleurs qu’Instagram commence à lasser une partie du public)

6. Avoir un service impeccable
Car le consommateur considère que l’offre ne s’arrête pas au produit
Et attend un contact parfait et humain avec la marque.
Je pense par exemple :
* à la réponse rapide aux questions :
Attendre une réponse plus de 24h est devenu problématique
La 1/2 journée semble  bien plus correcte.
* au ton de la réponse
Je râle actuellement après Quenotte qui est une marque que j’aime beaucoup.
Sa collection n’est toujours pas en ligne et quand je pose la question
Je sens au ton de la réponse que j’agace la marque !
A moi de comprendre leurs contraintes de production et d’attendre sagement en silence.
* à la réponse pertinente aux problèmes posés
Je pense à Tartine et Chocolat que j’ai contacté à propos d’une rupture de stock en ligne.
Premier retour : allez dans telles et telles boutiques à Paris où le produit est dispo
Réponse : je ne suis pas à Paris mais Bordeaux
Deuxième retour : le produit n’est pas dispo à Bordeaux et ne le sera plus.
Fin.
Fin sans solution donc. Dommage à ce niveau de marque.
* à la gestion des retours
J’ai été par exemple déçue par les produits Apache
Mais en plus quand j’ai demandé un retour j’ai dû envoyer un mail + 1 MP IG pour avoir une réponse
Puis j’apprends que je ne peux être remboursée sur mon moyen de paiement, que ce sera sur un autre
Puis je suis remboursée mais du total HT et pas TTC…
* aux conditions de vente
Je pense à Lililotte Nantes qui ne pratiquait pas le remboursement
Mais seulement l’échange/avoir
* Aux frais de port
C’est assez énervant de payer 6€ de frais de port
Et de recevoir une lettre suivie à 1€86
Etc

7. Savoir évoluer
Tout va très vite dans le monde digital
Ce qui marchait hier ne marchera déjà plus demain,
Pas de best practices à partager mais une veille à mettre en place.
Kodak et Nokia ont disparu car ils n’ont pas su s’adapter,
Sézane a su rebondir après avoir lassé ses clientes avec des stocks toujours à zéro
Au bout de 5 minutes de mise sen ligne.
Il faut sans cesse se réinventer, essayer, apprendre, proposer, tenter, …

8. Savoir se remettre en cause
Le digital n’accepte pas la prétention.
(Attention, je ne dis pas que toutes les marques qui ont fermé boutique
Avait des responsables à grosse tête !
Mais il y en a ;))
Je pense que l’on ne peut pas dire
Que c’est la faute des autres si notre marque ne marche pas.
Vos concurrents vous pique des clients ?
C’est qu’ils ont de meilleurs produits, un meilleur positionnement ou une meilleure approche du marché
Vous êtes copiés ?
Bonne nouvelle ! C’est que votre travail est top !
A vous de faire de votre collection la référence
(Bonpoint ou Vuitton n’ont jamais coulé du fait de la copie)
Vous n’êtes pas visible ?
Travaillez votre communication et vos partenariats !
Vos partenariats ne marchent pas ?
Demandez vous si vous avez choisi les bons ambassadeurs
Ou seulement ceux en vogue avec un grand nombre de followers.

9. Faire attention aux jeux
Le consommateur est joueur et « promophile », certes.
Je pense que ce n’est pas la meilleure pub possible :
Ces promotions dégradent à mes yeux la valeur du produit,
Recrutent artificiellement des fans/followers et ne fidélisent pas.
C’est un coup d’éclat, one-shot, sans réel impact.
Ne pas en abuser donc.

Tout cela est bien facile à dire,
Pour moi qui n’ai pas de marque, qui ne dois pas en vivre.
Je sais que lorsque l’on est une petite structure
Tout cela peut être très complexe.

Mais dans le monde digital, si le consommateur peut accepter quelques différences,
Les règles sont généralement les mêmes pour tous
Et un professionnalisme extrême est attendu
La concurrence est trop importante.

Je n’apporte pas ici mon avis sur ce que doivent faire les marques,
Mais simplement la conclusion tirée de mes recherches sur ce sujet.
Ce n’est pas moi qui dicte ici mes règles,
C’est le digital.

Je l’ai abordé de manière très light mais
Ce sujet me passionne, je n’ai cessé de m’y former ces derniers mois
Et je trouve incroyable l’aventure en cours qui est loin d’être terminée
Et nous réserve beaucoup de surprises

L’offre devient pléthorique,
Le consommateur devient de plus en plu exigeant,
La transparence, la cohérence et le lien deviennent essentiels.

Personne n’est à l’abri d’un échec
Cela peut faire peur quand on se lance en auto-entrepreneur
Mais il faut garder en tête la phrase de Darwin :

« Les espèces qui survivent ne sont pas
Les espèces les plus fortes ni les plus intelligentes
Mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements »

PS : je suis très intéressée par votre propre vision
(Marque : qu’est ce qui vous fait vibrer, que voulez vous transmettre, quelles sont vos difficultés …
Et consommateur : que recherchez vous, pourquoi telle marque plutot que telle autre semblable etc)
Et analyse de la situation

57 comments

  1. Pirouette says:

    Il m’a juste fallu deux heures pour lire ta copie. Mais quelle analyse! Quelle.prise de recul. Merci c’est genial autant pour le marques que pour nous consommateurs de pouvoir beneficier de ton etude. A relire a tete reposee de mon cote

  2. drzaharai says:

    Quelle analyse! A lire et à relire plusieurs fois pour tout intégrer tant c’est riche (et puis moi qui ne connait pas du tout ce milieu, je dois avouer qu’une partie du jargon m’échappe à la première lecture!) Merci beaucoup!

  3. Bénédicte says:

    Mon témoignage pour votre étude Clémence : Pour moi, internet est une simple vitrine hyper pratique.
    Je suis peu sensible aux « univers » dans l’acte d’achat mais si je reconnais l’esthétique de certaines marques « internet ».
    Mais je note aussi que leurs modèles sont souvent tristes et fades (tissus épais, couleurs austères, sans forme) pour des enfants, tout en surfant sur une mode « rétro pas gai ».
    Pour ma fille, j’achete soit chez Bonpoint (toujours bien coupé, belles couleurs et super qualité), soit Monoprix.
    Les nouvelles marques m’ont finalement toujours déçue, s’agissant de la qualité et du look.
    Bénédicte

  4. Mesange_paris says:

    Merci pour cette analyse! Je ne comprends pas non plus tous les mots ;) Je trouve aussi qu’un certain nombre de profils IG sont devenus des vitrines commerciales, jolies mais trop bien léchées, sans naturel, et je n’aime pas quand la moindre photo d’enfant est taguée de part en part avec les marques qu’il porte de la tête aux pieds, s’il n’y a pas d’instant de vie qui va avec. Après, je suis ravie de la grande offre que nous offre Internet dans le domaine de la vente enfant, j’aime bien aller de l’une à l’autre, mais quand j’ai trouvé celles qui me plaisent, je reste fidèle, et je suis triste quand elles disparaissent.
    Enfin un petit ajout pour rétablir la vérité : en effet, Lililotte ne propose pas de remboursement « ouvertement », mais j’en ai demandé un formellement (sur un vêtement femme, j’estime qu’on peut se tromper de taille ou d’impression avec la vente en ligne!) et la créatrice m’a remboursée – avec un peu de délais et de démarches mais ça a marché.

    • Les Trouvailles says:

      Pour Lililotte, j’ai vu dans CGV que cela avait changé et que le remboursement était intégré.
      Encore une fois, je ne suis pas là pour critiquer mais pour faire comprendre aux marques le pourquoi de ventes avortées ou de bad buzz etc

  5. Liliedanssabulle says:

    Merci pour cet article très très intéressant!
    Je suis peinée quand je vois qu’une marque ferme boutique… je pense aux créateurs, à ceux qui y ont mis leur cœur.
    Côté image, je me reconnais dans vos propos. Combien de fois ai-je vu sur facebook ou Instagram des images des produits mises en scène dans un univers artificiel. Combien de fois me suis-je dit mais finalement, quelle différence avec une pub magazine? Il ne s’agit pas de vrais gens! Certaines instagrameuses sont de vraies professionnelles!
    Avec votre blog, je n’ai jamais eu de doutes. Vous donnez les plus et les moins des articles et des marques.
    Côté marques,ensuite, même si les produits sont français et confectionnés dans des matières de qualité, c’est souvent un vrai budget. Je choisis chaque saison quelques pièces de qualité mais je complète par des marques plus accessibles. Je pense que ces petites marques ont donc beaucoup de concurrence car quand on fouille le net, les petites marques « bijoux » foisonnent. La clientèle ciblée par ces marques « chic » n’est pas extensible. Bon après, je ne suis pas spécialiste! Merci encore pour vote article.

    • Les Trouvailles says:

      Pour les créateurs, je comprends votre point de vue. C’est toujours triste. Maintenant, ce que je voulais dire est qu’il y a des règles du jeu à ne pas prendre à la légère.
      Effectivement, la pub traditionnelle ne fonctionne plus et la voix des pairs est plus crédible que la voix des marques. C’est donc une autoroute de sponsoring pour les instagrammeuses. Mais à force, cela perd son effet.
      JE trouve le digital très sain dans cette exigence de transparence et d’honnêteté de la part des marques.
      Enfin pour les produits, je reconnais que c’est un budget. Mais perso, je n’en peux plus des zara qui au bout de 3 lavages sont bons à jeter. Alors effectivement chez nous les gilets viennent de chez monop mais les robes qui seront beaucoup mises restent chez les bonnes marques.
      Sue sujet, il est facile de prendre du recul et d’analyser nos propres sentiments : quelles marques nous semblent sincères, quels comptes nous fatiguent etc

  6. Sophie says:

    Belle analyse en effet et si juste ! De mon point de vue « concret », je trouve que les services clients laissent souvent à désirer, alors que cela impacte tellement l’image de la marque et surtout l’envie du client de revenir acheter dans cette marque !!! Et là je pense effectivement aux marques citées : Lilillotte avec ses CGV (qui ont finalement été changées ) illégales, car le remboursement dans le délai de rétractation c’est une obligation légale du vendeur sur Internet et ce ne doit pas dépendre du bon vouloir de la marque … Ou Frangin Frangine à qu’il faut demander une autorisation de retour, et les haceler par plusieurs message pour avoir gain de cause. Enfin, la créatrice Tout silo, qui propose des belles choses -mais à prix d’or, m’avait envoyé un serre-tête complètement différent de celui commandé pour cause de rupture mais sans prévenir avec une finition bien décevante pour le prix !! Bref du chemin à faire encore dans la relation clients pour certains et tant mieux si les marques qui durent sont celles qui le méritent ! Belle journée

    • Les Trouvailles says:

      Je pense très important de pouvoir dire faire remarquer aux marques quand elles nous décoivent.
      C’est toujours très dur pour les petites marques qui n’ont pas de service après vente dédié et où la créatrice est seule derrière son ordi. Mais c’est le jeu …

  7. Pirouette says:

    J’espere que tu seras lu par bcp : ig girls marques, simples consommateurs. influenceuses… parce qu’on doit effectivement se remettre en question. De mon cote, je te l’ai dit. J.achete des vetements qui racontent une histoire. L’originalité de la.marque ou du createur prime. Mais enfants ne sont pas.des.effigies de.mode meme si j’apprecie de poster des.photos.d.eux sur IG pour garder un souvenir. Si ca peut rendre service derriere tant mieux et si c’est le contraire, tant pis. Des bises et eT ENCORE UNE FOIS j.ai adore te lire ce matin

    • Les Trouvailles says:

      Je t’avoue que je ne sais pas trop ce qui me pousse moi même à acheter.
      La qualité, le lien avec la créatrice, les photos vues, le teasing, … ?
      Parfois j’achète quand même des choses que je trouve trop jolies à des créatrices qui m’agacent….
      En tout cas, mes posts ont toujours eu pour but d’aider les mamans à choisir et à découvrir.

  8. lise says:

    Merci pour ce superbe article hyper éclairant et qui me donne plein de pistes et me permettra je l’espère d’éviter qq chausses trappes dans le futur proche.
    Ta vision des marques s’adapte à tous le univers sans aucun doute mais cible vraiment cet univers blogo qui a migré sur instagram non? Car je me demande de plus en plus souvent si cela ne touche pas simplement toujours le même groupe de personnes. A la campagne, pour parler des choses que je connais ;-) je nous sens quand même hyper loin de cette effervescence et de cette pression du paraître. Ce que je veux dire c’est que cette sensation est aussi liée mais ce n’est que mon avis au fait d’avoir un porte monnaie bien remplit ou moyennement ou très peu.
    Le fait de l’avoir peu remplit est pour ma part libératoire mais peut créer des frustrations ( bonnes ET mauvaises) mais crée pour beaucoup de l’aigreur non? Surtout avec cette surenchère d’images qui vendent du rêve et toujours pour les mêmes « instablogo influenceuses » qui perdent totalement de leur crédibilité. Bref, ta prise de distance et ton décryptage sont salvateurs.J’espère juste pour toi que le retours ne seront pas trop durs!!

    • Les Trouvailles says:

      J’ai pris comme exemple l’univers instagram car c’est celui qui colle le mieux au sujet de ce blog.
      Mais cela est valable pour tout univers, tout domaine. Les marques de voiture qui s’associe avec Mika dans les pubs TV, Les marques de cosmétiques qui s’associent avec les youtubeuses pour faire des web series, Oreo qui fait le buzz sur Twitter pendant le superball … Ces règles sont générales. Le consommateur veut une vitrine mais voir aussi ce qu’il y a derrière le comptoir dorénavant.
      Je ne pense pas que tout cela soit lié au portefeuille. Bien sur cela joue sur l’action du consommateur mais pas sur ses rêves (et les marques jouent sur ce plan aussi) et puis ce nouveau marketing, toute marque y est soumise : De monoprix et ses jeux de mots rigolo aux marques de luxe et leurs films incroyables. La guerre digitale est valable pour tous, pour la visibilité et donc la pérrenité.
      Enfin je ne pense pas avoir de durs retours, enfin j’espère ! Je ne fais aucun jugement de valeurs, je ne critique pas pour le plaisir de critiquer. Je mets juste en avant des faits et des conseils :)

      • lise says:

        Je m’aperçois comme je suis déconnectée de tout ça en fait lisant tes exemples! a part Mika le reste je ne l’ai tout simplement pas vu, d’où peut être cette impression d’être à côté et donc ce sentiment d’être peut être un peu plus libre dans mes choix, même si clairement instagram est un créateur d’envies aussi bien déco, cuisine, fringues,…

  9. flore says:

    Merci Clémence, c’est très intéressant, même si je me sens très loin de tout cet univers et ses règles archi compliquées, tout en tachant de comprendre, et ton article est assez éclairant :)
    Pour les jeux: je ne participe pas, ou plus, le système qui demande de s’abonner au(x) flux ig, plus facebook, plus d’y inviter 3 copines, plus, plus, plus…. cela me décourage, même si je comprends qu’on puisse y trouver un intérêt. Je préfère acheter si j’aime et puis c’est tout!

    • Les Trouvailles says:

      Au final, je ne pense pas que ces règles soient archi compliquées.
      Monter sa marque, c’est comme tout job, cela demande un vrai engagement et une réelle implication pour réussir.
      Être sur internet, c’est comme être dans la vie, jouer un rôle, faire semblant, choisir ses amis par intérêt, cela n’a qu’un temps.
      Considérer le consommateur comme un porte monnaie, intéressant que lorsqu’il remplit son panier, est voué à l’échec.
      Finalement cela semble être du bon sens :)

      • flore says:

        Tu as tout à fait raison! C’est juste que je ne me sens pas trop « dans le coup », n’étant pas une grande consommatrice (j’aimerais l’être un peu plus…), et pas très « technologie » même si j’essaie de me tenir au courant :)

        • flore says:

          et j’ajouterais aussi: petite (très très petite) acheteuse que je suis, je suis extrêmement contente que d’autres mamans aient fait le boulot avant moi de sélection et de test, pour me faciliter la tâche afin de cibler « au plus juste » tant au niveau de la qualité que du prix, donc je suis totalement influencée dans mon processus d’achat, mais en pleine conscience et consentement, et je leur en suis même reconnaissante.

  10. Loulettz says:

    Vraiment très intéressant et intelligent. Merci pour ce cours magistral. J’ai appris beaucoup. Au risque de me faire mille ennemis, je donne juste mon modeste avis concernant mes modestes achats : j’ai décidé d’ignorer les marques qui fonctionnent avec les stars d’IG. Jalousie ? Oui, peut être. Mais je n’enrichie plus les marques qui offrent à certaines mamans les vêtements que j’aimerais avoir. D’autant que ces mamans en questions ont largement les moyens de faire leurs courses avec leurs salaires. Pourquoi moi je devrais payer ? C’est un raisonnement fondé uniquement sur l’impression d’injustice mais j’assume. On me répondra que les mamans en question travaillent beaucoup en échange… mouais. Avec un post ou deux par mois, elles ne sont pas épuisées non plus.

    • Les Trouvailles says:

      Tout avis et réaction est intéressant à lire.
      Effectivement la votre est assez étonnante. Car toutes les marques « arrosent » certains groupes. Ce peut être les journalistes comme les mamans blogueuses ou les personnalités. Je ne sais pas si on peut dire que c’est « injuste ». Le fait que les marques « arrosent » certaines populations (journalistes, influenceurs etc) n’est pas récent. Toute marque a un budget publicitaire utilisé pour du papier glacé, des articles positifs ou des photos. C’est parce que la pub classique ne marche plus, parce que l’image a remplacé les mots et parce que l’avis des « pairs » comptent plus que l’avis des pro, que des mamans se retrouvent à recevoir des cadeaux. C’est la pub d’aujourd’hui. Les mamans font vendre, donner une robe pour en vendre 30 est rentable voire plus rentable qu’un article dans Milk.
      Si le sentiment que vous avez est que c’est injuste et qu’en plus c’est facile, mon conseil serait de vous lancer pour bénéficier de ces marques d’intérêt et participer à promouvoir ce qui vous plait d’une façon que vous trouverez plus juste.

  11. Marion says:

    Merci Clémence pour ce post. Tes mots me rappellent que tu avais eu la chance de visiter en vrai les coulisses de la marque Bonpoint suite à un post où tu expliquais justement ta déception sur la qualité de certains produits. Il ne me semble pas avoir eu ton retour, est-ce que tu pourrais nous le faire ? Bonne journée

  12. Vic says:

    Bonjour, j ai beaucoup aimé votre article. Je l ai lu en plusieurs fois mais je l ai lu en entier. Je vous rejoins sur plusieurs points. Moi je suis très influencée par insta par le web en général et je n achete presque que si la marque à un site web ( mais pas uniquement sur le site …et oui je suis compliquée). Pas facile pour les petites marques. Il faut s’adapter en permanence dans un monde qui bouge tellement vite. En revanche je suis complètement d’accord, les ig vitrines ou la personne ne cherche plus aucune pièce par elle même et ne fait que de porter des cadeaux personnellement ca m’ennuie. Je les regarde comme on regarde un magazine et ca ne m inspire pas donc ne me pousse pas à la consommation. Dommage pour la marque. Tu prenais un exemple d’un blogueuse très connue, pour ma part elle ne m’inspire plus du tout et c est très dommage (pour moi). Voilà la limite que tu as très justement souligné: un peu oui, trop ca détourne. Il faut rester fidèle à soit même finalement . Je trouve que tu y arrives très bien mais tu as réfléchi au sujet. J espère que d autres feront appel à vous pour leur développement marque car c est une belle niche et y a du boulot ! Bonne continuation. Oups je suis passée du vouvoiement au tutoiement pardon! Je n’ai plus le temps de tout corriger.

  13. Florence Aubert - Mme Cahiers d'Amour says:

    Complètement d’accord avec cette analyse.

    A propos de la transparence des prix et en tant que cliente, je trouve toujours dommage d’annoncer un « prix sur demande », même lorsque le produit n’est pas sur mesure. J’ai vu cela pour du papier peint récemment. C’est rédhibitoire pour moi.

    En tant que créatrice, j’ai essayé d’être la plus transparente possible sur le calcul du prix de mes cahiers sur mesure, en créant une rubrique « self-devis » et je ne l’ai jamais regretté. Cela m’a demandé un travail de cohérence et beaucoup de lâcher-prise au départ mais aujourd’hui, certaines clientes créent leurs cahiers et font leur devis directement, cela m’amuse et me fait gagner un temps fou.

    En ce qui concerne les partenariats, j’ai besoin de sentir une convergence d’univers mais surtout de valeurs, Tu en parles très bien §4.

    Merci pour cet article, Clémence.

  14. Tara says:

    Je partage complètement ton analyse et j’espère que ça servira à certaines marques pour ne pas mettre la clef sous la porte…

    Etre un « petit » créateur (j’entends par là avec une petite production, et une structure type auto entrepreneur) est très difficile,de par la concurrence bien sûr mais aussi pour toutes les compétences nécessaires pour réussir, la prise de recul nécessaire et puis le passage à la taille critique pour pouvoir espérer en vivre décemment… j’espère donc que cette fine analyse leur servira (et aussi aux grands après tout ;-)).

    • Les Trouvailles says:

      C’est vraiment un point important : les compétences nécessaires a un AE . Qui est un excellent créateur + excellent marketing + excellent community management + excellent service client + excellent expéditeur + ..+….
      C’est extrêmement compliqué !

  15. Pla says:

    Clemence, je partage votre avis sur ce sujet que je pratique au quotidien, en tant que juriste dans le secteur de la distribution et en charge du marketing et de l’e commerce. Les contrats de partenariats sont parfois négociés à des montants hallucinants par les blogueuses (et évidemment, le nombre de followers se paie). Le mythe en prend un coup…mais cela peut être un job très lucratif. Petite précision : quand une marque s’invente une histoire l’effet négatif est décuplé si la supercherie est découverte . J’ai commencé à me promener sur ig en même temps que vous, mais je suis en train de me lasser pour les raisons évoquées avant. Cela me surprend toujours de voir le succès de petites marques du nord ( petite étincelle : j’étais dans le même collège et lycee que Daphné et on ne faisait pas partie du même monde…j’ai commandé un peu sceptique mais le rapport qualité prix est bon). Apaches, balzac Paris et ma prune céleste -3 marques de 3 soeurs du nord : j’ai testé les 3 et j’ai trouvé la qualité fort artisanale pour les 2 1ères marques ( et une grosse inspiration de sezane pour balzac, les finitions étaient plus qualitatives chez sezane pour un budget un peu plus élevé chez balzac). Ma prune céleste est chère mais la personnalisation se paie. Les problématiques de cgv ne sont pas un problème en ligne pour le consommateur depuis la loi Hamon (avant de vendre en ligne, il est utile de rencontrer un avocat spécialiste de l’it). je remarque que j’ai beaucoup découvert grâce aux trouvailles et surtout via le blog ( la petite collection, lililotte récemment) plus que par Ig. J’ai eu aussi des déconvenues avec des articles commandés perdus lors de l’envoi (petits bijoux de créateurs, comme il y en a tant). Et pour le sav, rien de tel que de s’énerver sur la page fb ou ig d’une marque en l’absence de retour rapide……

  16. m says:

    Merci à vous pour ce bel article! Je m’intéresse à la question depuis la naissance de ma fille il y a presque deux ans, et je suis curieuse dans tous les domaines de ce qui se passe « derrière », en cuisine, en coulisse, etc. – c’est pourquoi j’ai tout de suite accroché avec votre blog.

    Quelques réflexions pêle-mêle en réaction au post:
    
- je suis capable de payer cher si je comprends que c’est justifié (coût, qualité, origine des matières, finitions, petite série, fait-main, fabrication française/américaine), s’il y a un vrai travail pédagogique de la part de la marque sur ce plan (je trouve qu’on n’en parle pas assez malgré la tendance « consommez mieux, consommez moins ») Je pense aussi que les valeurs du luxe se sont déplacées vers d’autres formes d’exclusivité (cf. exemples ci-dessus); le packaging cache-misère ne prend plus.

    -je ne suis pas entièrement d’accord avec l’idée qu’on loge à la même enseigne les petites marques et les grands groupes: autant je suis impitoyable avec les grands au moindre couac, autant je suis conciliante avec les petits (sur les délais par exemple) – dans les limites du respect de mes droits, évidemment.

    – l’éclatement de l’offre permet non seulement un élargissement quantitatif mais qualitatif, avec la possibilité d’aller vers des marques aux spécialités plus pointues. Par exemple, pour la maille ou les chaussures, qui sont difficiles à travailler et ne pardonnent pas, je préfère n’acheter que des marques spécialistes, qui ne travaillent (presque) que ces matières (Bieq, Misha & Puff, Fub, le Petit Germain, Pèpè, N. Verlinden, Pom d’Api…). Je préfère mettre un peu plus cher, acheter moins et avoir un rapport qualité/prix élevé. D’où évidemment l’utilité des multimarques et leur rôle de « curation » (Smallable pêche sur ce plan à mon sens, car trop « fourre-tout »; j’aurais d’ailleurs du mal à citer un multimarque français actuel à la fois complet et proche de moi stylistiquement) – votre blog joue justement un rôle de curation implicite de ce type, aussi bien pour le choix des marques que des modèles dans une collection donnée.

    – les produits ont certes besoin d’un bel emballage, mais ce n’est pas forcément déterminant en définitive, en tout cas une fois un premier achat effectué (je reviens sur le cas Noro, plusieurs fois évoqué: peu de présence IG, un site web à pleurer; je n’accroche pas du tout avec l’univers mis en scène par la photographe, mais je « lis entre les lignes » et me réapproprie les vêtements en les imaginant portés dans un autre contexte; idem pour la PPP).

    – faire primer l’être sur l’avoir: c’est un point à manier avec précaution. Je suis facilement rebutée par le “fan club” béat de certaines marques, qui vous donnent l’impression de faire partie d’une secte d’écervelées (on interroge la marque pendant des semaines sur la date de sortie, on se précipite sur les vêtements dans les heures suivant la sortie, on affiche des photos de ses enfants avec lesdits vêtements, même s’ils ne leur vont pas). Je caricature (et ne suis pas à l’abri de ces défauts), mais quelques marques qui me plaisaient m’ont passé l’envie d’acheter parce que j’avais l’impression d’avoir “trop vu” ses vêtements: pas parce que la marque ou ses followers postent trop souvent, mais à cause des avis uniformes et sans recul – ce que vous qualifiez ailleurs de « moutonner ».

    – un phénomène très particulier me frappe sur IG: la prise en compte de la valeur de revente des vêtements (les dépôts-ventes ont certes toujours existé, mais seules quelques grandes marques y trouvaient leur place). Sur les vide-dressings, il n’y a pas toujours de corrélation évidente entre prix d’achat du vêtement/valeur de revente. Certains vêtements se revendent à prix d’or même bien portés, d’autres se vendent mal malgré un prix d’achat élevé; la dichotomie grande/petite marque n’y est pas du tout opérante. On se plaint régulièrement de la piètre qualité générale de Bonton, mais tant que la marque continuera de se revendre cher à l »argus » d’IG, certaines continueront d' »investir » dans ces pièces. Idem, je vois beaucoup d’enfants porter des bas et de la maille de marques bon marché, ce qui n’encourage pas à « investir » dans ces pièces ou cultive l’idée qu’elles sont secondaires.

    – j‘aimerais enfin tempérer l’idée selon laquelle on est consomm- acteur: certes, on n’a jamais eu autant le choix. Mais les marques elles-mêmes sont soumises à des contraintes assez facilement décelables et qui mènent à une certaine uniformisation: vous parliez du coût du développement des prototypes, qui limite la possibilité de développer un nombre infini de modèles d’une saison sur l’autre, alors même que les marges sont faibles en mode enfantine. Je pense au choix des couleurs et des tissus. C’est flagrant pour le liberty: les marques passent commande longtemps à l’avance, sans savoir quels tissus leurs concurrents vont retenir. À moins de détenir une exclusivité (hors de prix pour un petit créateur, j’imagine), il y a de fortes chances pour qu’il y ait des tissus identiques chez plusieurs marques. Les couleurs de la saison sont définies par des bureaux de tendance, laissant aux marques une marge de manoeuvre théorique, mais pas tant que ça si elles veulent s’inscrire dans une dynamique plus large.

    – sur une note moins pessimiste, je dirais qu’on a peut-être une impression triste d’échec car on assiste en direct à la naissance et à la mort des marques, ce qui n’était pas le cas avant. Le taux d’échec dans l’entreprenariat, tous domaines confondus, est élevé. On a tendance à abuser du terme de « créateur », quand certaines marques ne proposent que des choses vues et revues (bloomers, bavoirs, attache-tétines, liberty à perte de vue). Je n’ai rien contre les basiques, mais il y a des limites.
    Quand une marque sort vraiment du lot, j’ose espérer qu’on la repère tout de suite. Si on a l’oeil, même si il y a des maladresses dans ses propositions visuelles, ses partenariats, et qu’on décèle le manque de moyens, on voit le potentiel (ce qui ne garantit pas son succès si elle ne se doue pas à terme d’une stratégie de développement intelligente).

    – je pense à une vertu malgré tout positive d’IG, qu’a évoquée @pinkpolkadot (d’ailleurs je serais curieuse d’avoir votre avis sur sa démarche) dans un post récent: l’émulation. Dans le meilleur des cas, on essaie, avec nos moyens plus ou moins limités, nos défauts, de mettre un peu de poésie, d’esthétique dans nos vies. Pas pour en mettre plein la vue aux autres, mais pour leur donner des idées (de tenues, de sorties, de voyages, de discussions) en partage et se créer par la même occasion un album photo souvenir familial et amical. Concrètement, même s’il peut être énervant de voir des enfants tagués sur toute leur surface, il m’est utile de pouvoir retrouver grâce à des # des « looks de rue », de voir certains vêtements portés par des enfants au quotidien, sans les défauts du lookbook artistique et du « total look » mono-marque (et il me semble qu’à un moment on arrive à deviner le degré d’authenticité et de mise en scène de la photo).

    – pour finir, une question: avez-vous déjà envisagé d’héberger un forum sur le site des Trouvailles? Un lieu d’échange où l’on pourrait parler de mode entre passionnées sans que le support photo ne soit prioritaire, où l’on pourrait suivre la logique d’un fil de discussion pointu à son rythme, prendre le temps d’écrire – une sorte d’antidote/de complément à IG?

    • Les Trouvailles says:

      Merci pour ce retour très complet qui m’aide à avancer dans ma réflexion.
      – « payer cher si c’est justifié » = je suis d’accord. En revanche, il faut s’y retrouver dans les justifications. Payer à prix d’or une robe au patron Citronille sous prétexte que fait main dans un Liberty vu partout, …
      -« loger à la même enseigne les petites marques et les grands groupes » = je suis d’accord que le ton employé et les attentes envers une commande Zara ne sera pas le même que ceux utilisés envers un créateur. En revanche, je pense qu’il y a des limites à la compréhension. Pour moi, un créateur qui se lance doit comprendre qu’il ne peut se permettre de mettre 4 jours à répondre à une cliente car « ce sont les vacances scolaires » ou autres. Il y a dans le fait d’être AE la nécessité de se donner à 100% .
      – Je suis d’accord avec le fait que la curation est très pratique. Maintenant tout dépend de la manière dont elle est faite : par coups de cœur ? par tests produits ? par sponsoring ? par copinage ? par renommée ? Tout dépend de la confiance que l’on a dans le curateur.
      – Concernant l’emballage, je pense que tout le monde n’est pas capable d’aller au-delà de la première impression (car non passionnée par la mode, car pas le temps, …) et que justement ce premier achat décisif n’a pas lieu. Et puis pour moi, mine de rien, l’emballage reflète tout de même l’univers, la personnalité du créateur mais aussi sa considération du client. Il y a une limite bien sur : le bel emballage médiatique et des produits non à la hauteur.
      – Pour moi, l’effet fan club et le moutonnage a toujours existé et n’est pas forcément négatif. Certaines personnes ont besoin de s’identifier à d’autres pour acheter voire même pour exister, ont besoin de s’identifier à d’autres pour gagner du temps (la curation confiance), …
      Et cela est valable dans tous les domaines : le club Babboe, le club Fiat 500, le club « je vais a marrakech », …. Et je pense qu’on moutonne tous plus ou moins.
      Je suis une fan de Bonjour par exemple. Je me jetterai sur le site malgré l’attente. Parce que j’aime les tissus et les coupes que l’on ne voit pas ailleurs. Mais peut être inconsciemment car j’ai vu ses tissus sur Bianca/Zélie etc que j’aime beaucoup.
      – Je suis étonnée par le sujet de la revente car cela n’intervient pas du tout consciemment dans mes choix d’achat. La corrélation prix achat/valeur du vêtement n’est pas respecté je suis d’accord mais pour moi ce n’est que du public de chaque marque. Bonpoint est adoré par quantité de maman quand Noro a un public intimiste. Et puis il y a le fameux rêve généré par ces marques. Quand on ne peut acheter Bonpoint, on essaiera de l’avoir en seconde main. Mais si on n’a jamais rêvé de Noro, on ne le fera pas.
      Quant aux bas et maille, je suis de celles qui n’achètent pas forcément de la grande qualité. Je pense aux jeans qui reviendront abimés et que je prends chez Zara/monop et aux gilets basiques. Pour un gilet marine j’irai chez Jacadi/monop où les matières seront correctes car j’aurais l’impression de me faire avoir chez Bonpoint qui propose le même gilet coton à prix d’or. Rien à voir dans ma tête avec la revente mais je vais réfléchir à ce sujet.
      – Cela ne me choque pas qu’il y « un air du temps » imposé. C’est ce qui a rythmé la mode de tout temps et ceux qui sortent de ce trend ne marche pas. La créativité doit pouvoir dépasser des couleurs/tissus/longueurs imposées. Et puis il ne faut pas oublier qu’une marque doit vendre donc doit répondre aux attentes du public. Les pièces qui sortent des clous ne sont jamais celles qui se vendent le mieux. Et je crois vraiment que l’on est consom’acteur ou alors que l’on se doit de l’être car nous en avons la possibilité. Je trouve que trop d’influenceurs louent les marques sans jamais rien critiquer. Pour moi, la critique est constructive. Combien vont prendre en photo leur enfant avec un vêtement offert qu’ils ne leur remettront jamais ? Est-ce aider la marque que de faire vendre une pièce car on l’a montré ? Quid de l’effet déceptif alors décuplé ? La force du web pour moi est de pouvoir faire savoir, partager et aider.
      – Je pense que l’on assistait tout autant auparavant à la naissance et la mort de commerce. Les boutiques qui ouvraient au coin de la rue et qui fermait par exemple. C’est l’offre qui est devenue pléthorique donc il y a plus de marques et plus de disparition.
      Quant au terme créateur c’est sûr qu’il est galvaudé.
      Si une marque sort du lot je pense qu’elle peut passer inaperçu. De par la curation des réseaux sociaux, des nouveaux algorithme, de la viralité qui diminue je trouve (partage t on encore les bons articles de blog ? Les photos qui nous font rêver ?). Et puis un bon créateur n’a pas toujours tous les dons donc n’est pas forcément un bon marketing . La visibilité est essentielle.
      – Pour pinkpolkadots je dirai que j’ai vu un réel changement d’image quand elle est passé du perso au pro qui je pense peut vraiment la desservir. La seule chose que je dirais (et qui fait que je n’aurais pas fait moi-même ce qu’elle a entrepris) est qu’elle doit être d’un très grand professionnalisme. On parle d’aider les petites marques dont l’enjeux est énorme pour les créateurs qui sont derrière. Il faut donc extrêmement bien faire les choses par respect.
      – quant à l’émulation, mon blog a toujours eu pour but de donner des idées aux mamans, de montrer les vêtements dans la vie réelle, de faire connaitre les marques et d’aider celles qui en ont besoin et qui me plaisent. Je ne vois pas les choses autrement. Ce n’est ni un job, ni un jeu. Juste du partage et la volonté de bien faire.
      – pour le forum, c’est ce que j’ai voulu faire sur la page FB « les bavardages de Joséphine », cela n’a jamais pris car je l’ai certainement mal amené et pas assez développé.
      Belle journée !

      • m says:

        Merci à vous, je suis impressionnée par votre retour rapide et complet sur mes réflexions.

        Oui, vous avez raison, je reviens sur l’idée qu’on peut passer outre une présence web désastreuse ou sous-développée quand on n’a pas accès aux produits physiques. C’est vrai uniquement si l’on a sauté le pas d’un premier achat et qu’on reste fidèle. Pour moi c’est le cas par exemple pour Leoca, découvert grâce au blog, et qui communique mal sur internet (pas une critique du tout, c’est une marque qui m’est chère mais qui a peu de moyens/temps sur ce plan et qui a fait le choix de distribuer davantage que de vendre en direct).

        Concernant la curation, je voulais parler d’un vrai travail de sélection derrière lequel on sent une personnalité en qui l’on a confiance, qui est capable de critique positive comme négative, pas de ce qui sous différents dehors se révèle être du sponsoring ou des liens d’affiliation sans distance critique.
        Un des progrès du numérique, c’est aussi l’élévation du degré de connaissance et de conscience des clientes, du moins pour les passionnées – mais ce sont elles qui font vivre en bonne partie les marques hors fast fashion, car la plupart des gens (ce n’est pas méprisant, c’était moi il y a quelques années) ne font pas la différence entre copies Zara, H&M et/ou ne comprennent pas pourquoi on peut dépenser X fois plus cher pour l’original.

        « Moutonner », c’est un vaste sujet, et effectivement on n’échappe jamais à une forme d’inspiration, de reprise, on n’existe pas dans le vide. Mais enfin il y a un monde entre acheter des vêtements le jour de la sortie de la collection, habiller ses enfants en total look et poster les photos au plus vite sur IG (le consumérisme à l’état brut, sans inspiration, l’équivalent d’un copié-collé) et acheter des vêtements de la même collection mais les intégrer par petites touches dans un vestiaire préexistant, reflétant sa personnalité (consumérisme intelligent, bilatéral, où l’on s’approprie un univers de marque tout en s’y rattachant, mais en faisant un vrai travail). Tout cela pour dire que ce n’est pas la marque/la pièce qui pose forcément problème mais la manière de la mettre en valeur.
        Un commentaire évoque plus bas la prolifération des blouses menthe à l’eau Petit Bec, de leur col à fleurs (et j’adore cette marque, moi aussi j’étais sur le point de craquer pour tout le jour de la sortie), mais quand il y a en plus la culotte et le béguin, c’est too much. Et ce n’est pas qu’une question de porte-monnaie. Même si je comprends que la démarche de celles qui postent ces looks reflète sans doute d’abord leur enthousiasme pour la marque, plutôt que l’intention de créer l’envie chez celles qui n’ont pas les moyens.

        Sur la revente: je ne raisonne pas de cette manière moi non plus mais j’ai vu cet argument mis en avant par certaines et je comprends pourquoi. Sur ce plan les VD d’IG sont à la fois dans une logique de marque, et de pièce (pourquoi certains modèles/imprimés sont-ils convoités à ce point, parfois plusieurs années après leur sortie, alors que d’autres de la même collection sont laissés de côté?).

        Ma remarque sur l’émulation ne visait pas le blog, bien au contraire, c’était simplement pour nuancer la lassitude d’IG que nous avions été plusieurs à exprimer, et qui peut aussi avoir des bons côtés. En même temps, c’est grâce au blog que l’on prend le temps d’exprimer posément nos arguments, c’est donc qu’il y a un manque à combler, une envie d’échange et d’écriture hors de la domination de l’image.

        Merci encore, je vais essayer de continuer de commenter, moi qui ai passé deux ans en sous-marin!

        • Les Trouvailles says:

          Merci de continuer à commenter ! C’est la richesse du blog que ces discussions. Je recherche l’argumentation pour évoluer dans mes pensées !
          Pour Leoca je vous rejoins. Néanmoins cette saison, j’ai une vraie remise en cause de leur politique de prix !
          « du moins pour les passionnées » : je pense que c’est un vra sujet sur lequel je n’ai pas de répondre.
          Accorc a IG, je suis au courant, je suis de près certains comptes et donc forcément je détecte assez facilement je pense ce qui n’est pas authentique.
          Mais quid de ceux moins impliqués ? Qui jettent un coup d’œil de temps en temps ?
          Et quelle est la partie des cibles de marques qui sont non connectées ?
          J’ai réfléchi aussi au moutonnage suite à votre commentaire initial.
          En fait, je pense que beaucoup n’ont aucun recul pour ce sujet, passionné ou non.
          Ce n’est pas une critique mais un fait : on peut être passionné de mode mais ne pas être doué, ne pas avoir le temps de réellement d’y réfléchir, douter de ses choix et avoir besoin d’une caution, admirer tellement une personne qu’on suit, identifier tellement son enfant à un enfant « public » que l’on recopie les looks …
          Et je crois que c’est le cas de beaucoup. JE reçois beaucoup de mails de lectrices me demandant mon avis avant tel ou tel achat.
          Je crois que la majorité a besoin de prescription de d’égéries (égéries pas forcément star mais enfants de bloggeuses par exemple).
          Sur la revente: je ne m’explique pas non plus pourquoi les prix peuvent s’envoler et d’autres pas. Sans parler de certains comptes qui arrivent à vendre des choses abimées à prix d’or.
          Pour l’émulation j’avais bien compris. Je donnais ma philosophie pour confirmer que c’est son but ;)
          Pour IG, je pense que plusieurs choses convergent vers une lassitude :
          Son âge, l’outil arrive à maturité donc les utilisateurs se lassent. De plus, les marques ont bien investi la place et ont appris à s’en servir, on s’en rend compte. Le rachat par Facebook d’Instagram a conduit à la mise en place des mêmes algorithme qui biaise nos fils d’actualité : mises en avant des mêmes grands, publicités cachées etc
          J’adorais FB qui n’est maintenant qu’une copie de mon Instagram, il arrivera surement la même chose avec Insta.

  17. Mathildeetnika says:

    Ce billet est très instructif en tout cas pour moi qui ne suis pas spécialiste, je l’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Je fais partie de toutes celles qui aiment ta franchise et te font confiance. Ce qui me désole, quand tu évoques une perte de repères et de valeurs, c’est que des marques y trouvent un intérêt et cela donne : « je suis ce que je consomme ». Selon moi, pertes de repères et de valeurs n’a pas grand chose à voir avec la consommation. La consommation ne devrait pas être un loisir mais répondre à un besoin précis. Pour autant, je suis ravie de partager coups de cœurs et bons conseils sur les réseaux et je me laisse volontiers séduire par ces univers et valeurs que proposent les marques. Je suis d’ailleurs assez influençable. J’aimerais bien que tu publie un billet sur les influenceuses car je dois en suivre sans le savoir. Je fais également partie de celles qui attendent la sortie de Bonjour tout en râlant sur les stocks limités et en validant mon panier. Il me semble pourtant que la majorité des personnes se contentent de travailler et de faire tourner la maison en éduquant leurs enfants et que nous ne sommes pas toutes accro aux marques, je serais étonnée d’apprendre que le gain provient de ces consommatrices connectées ou alors ce serait le cas pour des petites marques de créateurs. Quand au Nord, il n’est pas un hasard mais historiquement le berceau de la production textile, confection et même de la VPC. J’aimerais bien voir ton avis sur les géants comme La Redoute et leur difficultés actuelles…

    • Les Trouvailles says:

      Pour la perte de repères, je pense que nous ne sommes pas la première génération à la vivre. Avant les repères étaient fournis par la religion. Quand celle ci a été abandonnée, on a vu arriver les psy, les dépressions etc et ce besoin a été repris par d’autres. On trouve dorénavant les valeurs attendues où l’on peut et les marques en font partie. Avant tu voulais des chaussures, tu allais voir ta boutique du coin. Maintenant tu veux être à la mode et les diverses marques te proposent divers univers. C’est un peu « dis moi quel personnage tu veux être et je te fournirais la panoplie et les accessoires ». C’est triste ou pas. Cela doit s’analyser sous divers angles mais pour moi repères et consommation sont au contraire très lien. C’est tout l’origine de la brand culture, du storytelleing, de l’engagement des marques dans des causes (à la base, vendre ne demande pas de s’engager dans la malbouffe ou dans la recherche médicale ni de soutenir la moindre cause. Et l’apparition de cet engagement n’est pas purement humaniste).
      Toute personne que tu suis et dont tu crois les avis sont tes influenceuses. Etre influenceuse n’est pas avoir 100000 followers, c’est seulement participer à tes choix de manière consciente ou non. Mais il ne faut pas se voiler la face : les influenceuses font vendre sinon il n’y aurait pas de sponsoring.
      Pour la redoute, je ne connais pas trop leurs difficultés. Je sais que la VPC ne marche plus, ils se sont donc transformé en market place pour survivre.

  18. Robine says:

    Merci Clémence pour cette réflexion que vous avez menée et qui est passionnante.

    Je ne suis pas du tout du métier, j’ai appris pas mal de choses !

    J’ai découvert IG il y a quelques années maintenant, et comme toutes, j’ai assisté à sa transformation…

    Au départ plateforme pour partager des photos de son quotidien pas toujours très léchées ^^, devenue aujourd’hui plateforme vitrine (pas que hein … mais quand même …).

    Un exemple de marque qui a évolué grâce à IG, et que je m’étonne de ne voir jamais citée dans les commentaires, c’est Poudre Organic. Si l’on remonte le fil IG de Manon, on peut se rendre compte à quel point son entreprise a commencé avec trois bouts de laine ^^ et un immense talent, pour devenir cette marque tant appréciée, et qui fonctionne aussi pas mal au buzz … Je me suis faite moi-même avoir à mettre une alarme sur mon portable pour ne pas rater une vente de blouses femme à 20h, délaissant mon aînée devant Trotro (pas IG du tout …) et mon nourrisson dans son parc (pas IG DU TOUT !!!).
    Tout ça pour une blouse que j’ai payée chère, pour une qualité bof et qu’en plus il faut repasser … du coup je ne la met jamais ou presque …

    Cela étant, je reste super fidèle à PO et je constate au fil des modèles que les coupes et les tissus s’améliorent à chaque collection (mon avis hein … je suis loin d’être pro), ce qui est quand même le signe que la marque prend en compte les remarques clients et souhaite s’améliorer. Son service client est également très réactif, sans parler de la rapidité des envois; pour moi PO est un vrai bon exemple de réussite.

    Après, je me demande si PO ne s’éparpille pas un peu en multipliant les collabs et les matières (leur cœur de métier : le lange, mais maintenant de la maille, du jean etc.). Je suis curieuse de voir comment la marque va évoluer et réussir à se démarquer.

    Je pense aussi à Petit Bec, qui est une marque sublime et dont la créatrice semble avoir la tête sur les épaules et à cœur de contenter ses clientes (en sachant être transparente quand elle ne peut pas suivre la cadence folle). On sent un réel professionnalisme (au delà du talent indéniable d’Olive) et c’est surement ce qui fait que la mayonnaise prend.

    Après j’avoue être un peu saturée par le nombre de blouses rayées menthe à l’eau et de cols à fleurettes que j’ai vu défiler ces jours ci sur mon fil …^^, et je me demande à quel point finalement ça n’en devient pas « excluant » pour ceux qui ne peuvent pas se payer ces modèles qui sont, avouons le, pas donnés.

    J’imagine que les prix sont entièrement justifiés et si l’on peut se le payer, tant mieux, mais je constate quand même, comme cela a déjà été dit, que IG reste un microcosme privilégié (en tous cas, les comptes que je suis, peut être devrai-je élargir ma palette ^^), et qu’il existe un réel risque, à mon sens, pour certaines marques d’être associées à un effet « d’entre soi ». Les campagnes « Suzon » ou « Tartine et Chocolat » ont été des succès sur IG, mais gare à l’overdose, surtout quand on a pas la chance de faire partie des Happy fews.

    Enfin, le compte IG de Pinkpolkadots a été cité, et je crois que c’est l’exemple parfait du compte qui a évolué du purement perso au pro. Après, Amandine ne s’en est jamais cachée, et même si parfois c’est un peu too much ^^ (chaque post étant désormais l’occasion d’exposer une marque), elle reste cohérente dans ses choix et ne s’éparpille pas (trop).

    Et un Forum, Clémence, oui oui oui ! ;) Merci encore pour ces articles !

    • Les Trouvailles says:

      Je suis entièrement d’accord sur les débuts de PO. J’avais été extrêmement déçue par la qualité de la première collection.
      Je trouve les blouses actuelles mignonnes, leur prix correct mais on a encore un gros souci de coupe (en tout cas l’hiver dernier). Cela taille très grand et la forme ne va pas à tous les enfants. Personnellement elles les portent sous un pull. Quant à sa diversification, je ne saurais dire si cela est bien ou mal. Si elle ne le fait pas, on va dire qu’elle sort toujours la même chose mais les nouveautés doivent plaire. Question de dosage et de choix d’association.
      Concernant le fil d’actualité redondant, je ne peux effectivement que conseiller d’ouvrir à d’autres profils si cela génère énervement ou trop d’envie :) On rêve tous de choses inabordables et je pense vraiment que sur IG comme ailleurs il y en a pour tous les gouts.
      Je m’arrête aussi sur l’effet « entre soi » que je ressens aussi. Mais quelle différence avec la vie ? Cela commence à l’école. Il y a des clubs, des fan clubs, des cercles, … Il y a nos admirateurs, ceux que l’on aime et ceux que l’on admire. Il y a ceux dont on fait partie, ceux dont on voudrait faire partie et ceux dont on est exclu. Vraiment Internet n’est qu’une représentation de la vie réelle.
      Vous parlez d’overdose et là je vois un grand risque oui. Savant dosage, veille sur les réactions des consommateurs, choix cohérents. Vigilance !
      On me parle beaucoup de pink polka dots. Pour ma part, j’avoue que son compte me séduit moins depuis qu’il est pro. Mais c’est un bon exemple pour prouver que moi aussi je regarde les Happy Few qui vadrouille entre les beaux apparts parisiens, marrakech, le Portugal etc avec un sentiment d’exclusion ;) Mais c’est la vie ! Et c’est sa diversité de profils qui fait sa richesse !
      Je parle de Tartine et chocolat demain !

  19. AC says:

    Bonjour
    Je m’exprime en tant que spectatrice d’IG, je n’en suis pas actrice (pas envie, pas le temps et je préfère observer de loin et le voir comme un sujet, intéressant, d’étude sociologique) Je vous rejoins sur de nombreux points (et un grand merci d’expliciter aussi clairement ce que je « pressens »)
    Je trouve ig tellement clivant et excluant! Mais oui comme dans la vraie vie, un amas de microcosmes !
    Bien peut-être pour les marques pour convaincre des déjà convaincus, mais quid d’élargir la base de clientes potentielles, de convaincre les nouvelles et rappeler celles qui s’en étaient détournées ?
    Mais surtout je réalise en vous lisant, que la problématique est d’une telle complexité et les enjeux pour ces petites marques si colossaux qu’on ne peut décemment s’improviser marketeur pour d’autres marques sans avoir pris la mesure du phénomène, savoir anticiper les attentes, les virages et les évolutions, intégrer les nouveaux business modèles et avoir une lecture critique et le recul nécessaire . Donc oui faire du marketing une occupation mondaine me gêne.
    et (attention provoc..) non tout le monde ne peut être influenceuse, visiblement un conjoint avec un job rémunérateur semble être une condition préalable 

    • Les Trouvailles says:

      En fait, je m’interroge sur la suite : si la pub classique ne fonctionne plus, si le fait de passer par des mamans n’est plus crédible, quel moyen va-t-il rester aux marques pour se faire connaitre et reconnaitre ? je n’ai pas la réponse. Peut être ouvrir les portes, se rendre humaine, faire voir l’arrière boutique ?
      Et effectivement, le marketing est un vrai métier. Surtout à l’époque digitale ! On ne s’improvise pas marketeur. C’ets pourquoi beaucoup de créateur on du mal. C’est pourquoi je ne ferai jamais cela de manière pro sans encadrement, une réelle formation et une expérience solide préalable. Encore plus pour une petite marque pour qui c’est vitale. Je réponds ainsi à une question que l’on m’a souvent posée.
      Enfin pour répondre à la provoc : je suis d’accord que pour influencer, il faut en général de belles penderies, une belles maisons, de beaux décors de vacances etc. Ceci dit la recherche d’authenticité mène à s’écarter de cela qui lasse. Enfin, ne pas oublier qu’influenceuse est rarement un métier à temps plein donc le job rémunérateur peut être celui de l’influenceuse :p
      Et puis auparavant, les influenceuses étaient les people. Une maman sera toujours moins riche et frivole :) Enfin je crois :p (provoc’ ;))

  20. Virginie says:

    Merci beaucoup Clémence pour cet article et celui concernant Tartine et Chocolat.
    Ton analyse est très fine sur l’influence digitale et l’impact de l’image/ instagram pour les marques et créatrices.
    Personnellement j’ai fait de belles découvertes : petit bec, le petit germain (dont la qualité est vraiment bonne pour les 2), ton blog et tes bons plans (les start-rite sue ebay!!). Il est vrai que certaines se perdent dans le placement de produits et que bcp de comptes se ressemblent….mais c’est la rançon de la gloire. En tout cas continue de nous donner ton point de vue et garde ton objectivité!

  21. Jennifer Hollington says:

    Quel dommage que vous n’aimiez pas Bordeaux ! Toutes mes amies bordelaises de naissance ou non adorent et lorsque je vois leur post sur tel et tel café ou boutique j’ai juste envie de sauter dans le TGV. Concernant votre topo sur le digital je pense que les clientes sont plus malignes que ce que vous dites et même si on sait très bien qui des instagrameuses est achetée si on aime son univers on voudra avoir la même chose qu’elle. Enfin je suis très choquée que vous puissiez critiquer les marques pour telle ou telle raison. Monter son business est très dur demande énormément d’efforts en particulier dans les vêtements et ce n’est vraiment pas du tout fair-play d’agir ainsi. ( je parle plus précisément de Frangin Frangine dont je connais les créatrices).

    • Les Trouvailles says:

      Concernant Bordeaux, il est évident que le cadre de vie (cafés etc) est sympa. Mais l’équilibre ne se limite pas à cela ;) Je n’ai d’ailleurs pas dit que je n’aimais pas bordeaux :)
      Je ne pense pas que les clientes ne sont pas fines. Mon message n’est pas là.
      Enfin, je connais aussi Yseult et je ne critique pas les marques; Au contraire, depuis 6 ans, je suis là pour les soutenir et les aider autant que je le peux. Et pour aider, il faut forcément souligner les choses bonnes et les moins bonnes. Pour avancer.

  22. Ariane says:

    J’ai lu votre article avec beaucoup d’intérêt ! Moi qui ne prend habituellement jamais le temps de faire autre chose que de travailler durant la journée, j’ai appris (et été confortée) beaucoup de choses grâce à vous :) j’ai créé ma marque il y a 4 ans et j’arrive à la développer et à avoir une relative sérénité à 6 mois (^^) ) depuis 1 an environ, notamment grâce à Instagram (et à énooooormément de travail, je peux le dire ;)). J’aurais bien des choses à raconter sur les blogueuses qui me contactent si souvent pour des « partenariats »), c’est très difficile de garder le cap et de ne pas partir dans tous les sens. Tout ce que vous décrivez sur les enjeux, les devoirs, obligations… je suis d’accord avec tout et, étant seule à tout gérer (de l’achat à la production, photos, mise en ligne, expédition, communication… absolument tout), je peux témoigner de la difficulté de la chose (je sais que vous en avez conscience). Je cherche donc parfois, comme aujourd’hui lorsque je tombe par hasard sur cet article), de l’aide auprès de personnes qui semblent expérimentées : est ce que vous réalisez des prestations de conseil ? Merci pour votre aide :) À très bientôt ! Ariane

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