LECTURE : Le goût du bonheur

Je ne sais comment remercier la lectrice qui m’a conseillé
La trilogie Le Goût du Bonheur de Marie Laberge
J’ai dévoré les 3 tomes !

Tome 1, Gabrielle,
Je cite:
« Réunis dans leur résidence estivale de l’île d’Orléans, non loin de Québec,
Les Miller et leurs six enfants offrent l’image de l’harmonie et de l’aisance. 
La crise des années trente les a épargnés. Chez eux, le goût du bonheur l’emporte sur les conventions et les préjugés d’une société paroissiale et étouffante. 
Comblée par un mari intelligent et sensuel, Gabrielle aspire à encore plus de liberté, prête à la révolte. 
La tendre et violente Adélaïde, sa fille, est déchirée entre sa tendresse pour le jeune Florent et sa passion pour l’Irlandais Nic McNally. 
Partout, alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s’annoncent des orages du cœur, des menaces, des trahisons, la maladie. Mais rien ne semble pouvoir briser le courage et l’énergie vitale des Miller. »

Tome 2, Adélaïde,
Je cite :
« La mort accidentelle de Gabrielle, âme de la tribu, bouleverse les Miller.
Les étés immuables sur l’île québécoise d’Orléans sont à jamais perdus. 
La guerre et les réquisitions ont dispersé la plupart des hommes. 
Et le destin s’acharne sur Adélaïde, désormais épouse du brillant Nicholas McNally sans cesse menacé par la démence de sa propre sœur. 
Adélaïde, elle, reste droite malgré tous les déchirements qui l’assaillent. 
Si la jeune femme conserve le goût du bonheur en pleine tragédie, c’est à Florent qu’elle le doit, cet ami de toujours dont la tendresse défie les années. Pour combien de temps encore? »

Tome 3, Florent,
Je cite :
« Les turbulences de la vie et de la guerre ont brisé Adélaïde. 
Seule la très ancienne affection de Florent éclaire encore ses journées. Et ce dernier, devenu un couturier célèbre dans le monde entier, n’a pas été épargné lui non plus : il entretient désormais une liaison agitée avec un acteur.
Il va devoir une fois encore soutenir sa vieille amie car Adélaïde finit par tout apprendre sur son défunt mari… mais est-il encore temps de souffrir ? 
Les destins se heurtent et se conjuguent à la recherche d’une sérénité incertaine et toujours dérobée. 
Même si le sort en est jeté, les personnages ballottés par la vie conservent, envers et contre tout, le goût du bonheur… »

J’ai vraiment adoré !
Au Canada, avec un vocabulaire propre assez rigolo et pas du tout handicapant
(Au contraire, on en comprend aisément le sens
Et certains termes sont si sympa et récurrents qu’au bout de notre lecture
On pourrait presque les utiliser tous les jours nous-mêmes)
Une belle histoire où l’on suit les héros sur des années et des générations,
Mais aussi une analyse des moeurs de chaque époque,
De l’éducation, de l’impact de la religion, de la mode, le sexe, de la place des femmes,
De la fragilité et la force de l’amour …

La trilogie se lit très facilement, on déroule les histoires avec plaisir,
On traverse le temps de manière fluide.

La trilogie aurait pu s’appeler seulement Adélaïde
Puisque c’est le personnage que l’on suit principalement.
Son enfance dans le tome 1,
Sa vie de femme mariée dans le tome 2,
Sa vie de jeune veuve dans le tome 3.

Néanmoins, Gabrielle, sa mère, règne sur les siens
Et reste une référence tout le long de la trilogie.
Gabrielle est belle et heureuse en ménage.
Cela semble idiot mais dès le premier tome on ressent le poids de l’importance du mariage dans la société de l’époque.
Le but des jeunes filles : se marier, peu importe avec qui, sans véritable choix,
Et finalement les mariages réussis sont rares.

Si Gabrielle suit les règles de l’église,
Elle n’en a pas moins défié sa famille pour épouser Edward
Et est finalement la seule femme heureuse comparé à ses sœurs.

Très respectueuse des bonnes moeurs,
Elle élève les enfants dans le respect de la religion
Mais aussi du respect de la différence et de l’amour
Contrairement à l’éducation reçue par les cousines de ses enfants.

Amoureuse de son mari,
Ils ont mutuellement de l’influence l’un sur l’autre,
Chose rare dans un mariage à l’époque.

A travers cette facette de leur vie,
On réalise alors bien la vie des femmes de cette époque :
Elles appartiennent à leur mari, n’ont pas de droit réel,
Si leur couple fonctionne, elles sont régulièrement ‘en famille’
Et la contraception à ses balbutiements y est abordée de manière délicate.

Parmi les enfants de Gabrielle et d’Edward :
Adélaïde l’ainée, un peu rebelle qui aime follement Florent,
Le fils de la bonne, qu’elle protège depuis sa naissance.

Dans l’entourage:
Nic  Mac Nally, ami proche d’Edward
Qui gardera le secret de son amour fou pour Gabrielle
Et gère comme il peut Kitty une sœur folle, amoureuse de lui.

Dans la deuxième partie,
Gabrielle est morte et la guerre fait rage.
Adélaïde a connu sa première histoire d’amour,
En secret, couverte par Nic
Et tombe enceinte de Théodore, marié et juif, juste avant son départ pour la France.

Nic ayant promis à Gabrielle de veiller sur ses enfants,
Il épouse Adélaïde pour la sauver du déshonneur
Et forcément ils finissent par s’aimer alors que Théodore, lui, ne reviendra jamais de la guerre.

Nic partira combattre lui aussi
Et ne rencontrera sa fille adoptive Léa qu’à son retour.
Adélaïde gérera toute l’entreprise florissante de Nic pendant cette période.

Chaque enfant de Gabrielle suivra son chemin,
De la soeur bien mariée qui laisse tout (son mari et son fils) pour faire de la radio
A la petite sœur qui suivra tous les préceptes inculqués : mariée, moult enfants …

Cette histoire permet une analyse de l’auteur sur différents sujets :
L’amour bien évidemment : ses aléas, sa force, …
Le sexe pour les femmes : devoir conjugal versus envie, contraception, avortement, …
La foi et son jugement : un enfant de l’amour hors mariage rejeté versus un enfant issu d’un mariage mais abandonné qui sauve les apparences,
Les femmes qui travaillent pendant la guerre,
La mode qui doit s’adapter à cette transformation de la vie des femmes,
Le sort des juifs durant cette triste période, …

Le dernier tome porte mal son nom je trouve.
Je l’aurais appelé ‘Léa et Léah’
Léa étant la fille d’Adélaïde et Théodore adoptée par Nic
Leah étant la fille de Théodore avec sa femme
(Vous suivez toujours ? ;))

Florent y a une bonne part bien sur :
Couturier célèbre,
Il cherche sa place et la place de ce secret : son homosexualité dans la société d’après-guerre
Ce tome analyse aussi la vision de ces mœurs à cette époque,
Le fait de pouvoir ou non l’assumer.

Adélaïde, veuve, s’occupe de ses enfants
De Léa mais aussi prend sous son aile l’autre Leah.

On voit donc l’époque où les femmes se libèrent
Où après la guerre, les enfants cherchent leurs racines,
Le poids des mensonges, la terrible découverte des camps de la mort …

Il y aussi une approche du veuvage :
Peut-on aimer à nouveau après la mort de l’âme soeur ?
Que peut on donner aux autres ? Que reste-t-il à donner à quelqu’un d’autre ?

Si mon commentaire restreint l’ampleur de l’histoire,
Je peux dire que j’ai dévoré ces livres,
Quand j’ai fermé le dernier tome, j’étais conquise !

Conquise tout en étant consciente que pas mal de choses ne correspondaient pourtant pas à mes valeurs :
Une amitié amoureuse qui dérive entre Adélaïde et Florent,
L’adultère bien présente,
Les amours homosexuelles,
Nic qui aime la mère, puis la fille
L’avortement, l’abandon de la Foi, …

Mais la morale globale de l’histoire me plait :
Laisser les jours sombres derrière et regarder vers demain !
Toujours y croire, conserver les beaux jours comme des trésors, laisser partir ce/ceux que l’on ne peut ramener
Avoir le goût du bonheur !

7 comments

  1. Anonymous says:

    cette trilogie a effectivement l’air palpitante. des que jai fini « moon Palace » de paul Auster, je vais à la bibliotheque.

    laurence

  2. Anonymous says:

    Voilà en effet une lecture qui sent bon l’été, merci!
    Peut-être faudrait-il signaler « SPOILER » en tête de l’article, on a l’impression de connaître l’histoire avant!

    Marianne

    PS/ Super Moon Palace!

  3. Coralie says:

    Ravie de vous avoir conseiller ce livre que j avais adoré . À la lecture de ce résumé, j ai envie de relire les 3 tomes .
    J ai acheté la chute des géants de Ken follet que je ne connaissais pas suite à votre article .

    Bonnes vacances

    Coralie

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