Le 24 …

Le 24 sent pour moi :

Le long voyage fait quelques jours avant pour gagner Lorient où vivait mon Papou,
Il sent les 3 ou 4 derniers chocolats du calendrier de l’Avent avalés tous ensemble avant de prendre la route
(Même pour mon frère de 10 ans mon ainé, la tradition voulant que Maman nous offre un calendrier jusqu’à notre départ de la maison à 18 ans !),
Les disputes pour savoir qui de mon frère ou de moi serait au milieu sur la baquette arrière,
Il sent le trajet interminable rempli de chants de Noël et d’impatience !

Il sent l’arrivée tardive à Lorient
Et un premier arrêt à la fête foraine pour acheter des croustillons tout chauds !

Il sent l’accueil de Papou en bas de sa maison,
Fatigué de tous les préparatifs des fêtes, sa ventoline à la main
(Et moi craignant de devoir bientôt sortir la mienne).

La maison sent alors le sapin tout frais,
Les anges bleus suspendus au lustre,
La jolie crèche en place,
Et les marques que l’on reprend dans l’appartement :
Le lit à côté de celui de Papa et Maman, le chocolat dans le Placard, les toilettes immenses, le bureau où dessiner, les vieilles poupées de Maman, …

Le matin du 24 sent le réveil au son du batteur qui tourne frénétiquement pour faire la traditionnelle bûche roulée,
Il sent la tension de Maman qui craint toujours de râter son biscuit ou qui n’arrive pas à le décoller,
Il sent l’attente interminable du réveil de mon frère pour partir au marché.

Il sent mon Papou avec son panier en osier et sa liste,
Il sent les huitres, les gâteaux bretons, les langoustines et les poissons dans le marché bondé de Lorient,
Il sent la tristesse de Maman quand personne ne pense à lui acheter son houx annuel.

Le 24 sent la journée sans fin,
Le déjeuner léger, la sortie des jolis vêtements et des chaussures vernies,
Il sent la sortie de la belle vaisselle,
De la ‘tour à apéritif » rose qui me fascinait tant.

Il sent enfin l’arrivée de mon oncle qui me faisait si peur,
(A l’époque non marié et sans enfant, il était alors ultra strict sur l’éducation dont la tenue des enfants à table)
L’arrivée de la si douce Marraine de Maman,
Et souvent de la gentille Jeannine.
Il sent la joie des retrouvailles.

Il sent le froid qui pique quand, tout beaux, nous partions à la messe de minuit juste en face de la maison.
(Quand je ne devais pas rester au lit avec une crise d’asthme …)
Une messe longue et « moderne »
(Films sur écrans, chansons ré-écrites …)
Qui faisaient bondir tout le monde

Il sent la fatigue que je repoussais au maximum pour atteindre la bûche,
Il sent le Ciel que je regardais pour y voir le Père Noel,
Il sent toute l’impatience et la joie de l’enfance.

Il sent l’envie d’être au lendemain,
De découvrir les paquets
(Même s’il faudra attendre des heures que Papa et mon frère montent les jeux !)
Puis de retrouver les cousins au restaurant

Il sent la Magie …
Une magie que j’espère créer pour Joséphine.

Que le 24 sente aussi pour elle ce que nous n’avons pas perdu :
Ce sentiment de Foi, d’Espérance et de Joie de la naissance de l’enfant Jésus,
Que ce jour sente l’importance de ce qui arrive en ce monde, durant cette nuit.

Qu’elle profite de ceux qui l’entourent et qui l’aiment
Pour qu’elle s’en souvienne avec émotion, comme moi, quand certains ne seront plus avec nous.

Que cette nuit soit sainte et douce …

Crédit photo : http://croixdenfants.canalblog.com/

 

Sainte & Douce Nuit à tous !
Belle attente aux enfants !

3 comments

  1. Anne ED says:

    Je ne te lis qu’aujourd’hui, m’étant mise en pause internet ET pause couture pour Noël !!!! merci d’avoir partagé ces bons souvenirs et merci pour ton gentil mail ! Les rituels immuables sont précieux, à chouchouter coûte que coûte. Ici, ce sont les nouveaux santons que chacun découvre dans son assiette en rentrant de la messe de minuit, les chaussures farcies de papillotes au pied de la cheminée le 25, les CD ringards de Noël et les clémentines à foison. Le tout dans un joyeux vacarme évidemment. Bonnes vacances à toi & ta troupe !!! bises

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