A VOIR : la vie des autres

Toujours dans la tendance RDA, un film sublime :
La Vie des Autres.
C’est un film allemand ayant reçu un grand nombre de récompenses.

Un capitaine de la Stasi se voit confier la surveillance d’un auteur à succès faisant partie de l’élite de la société et sa compagne car ce dernier n’adhère pas aux idées du parti.
Tandis qu’il progresse dans l’enquête, le couple d’intellectuels le fascine de plus en plus.
Finalement cet homme soumis au parti va tenter de sauver le couple et va remettre en question les ordres reçus et leur légitimité.

Un film qui nous plonge dans l’époque de la surveillance.
On y découvre toutes les méthodes mises en œuvre pour faire survivre le parti,
On plonge dans cette atmosphère étrange où l’on ne pouvait faire confiance à personne.

Mais aussi, un film qui fait réaliser ce que vivaient les gens de l’époque,
Comment certains, ‘les bons’, faisaient de la résistance à plus ou moins grande échelle.
Un film qui fait réaliser également que ces personnes travaillant pour la Stasi, ‘les mauvais’, étaient bien des être humains, embrigadés certes, mais pouvant encore changer.

Je ne sais expliquer pourquoi cette période m' »attire » et me « fascine ».
Pourquoi je cherche tellement à « comprendre » ce qui conduit à une telle situation.
« A comprendre » comment se construit le culte de la personnalité d’hommes comme vous et moi,
Un culte amenant à obéir les yeux fermés à des ordres atroces.

« A comprendre » qui étaient ces hommes qui ont fait tellement de mal,
A réaliser qu’ils étaient (presque) comme vous et moi,
Qu’après une journée de travail, ils rentraient retrouver femme et enfants.

A me demander si cela aurait pu être moi ?
Je crois comprendre que quand sa vie et sa famille sont menacées, quand c’est « eux ou nous' » on choisit souvent le « nous » plutôt que d’aider le « eux » mais il n’y a pas que ça.
Cette notion de ‘bons’ et de ‘mauvais’ semble finalement moins franche que prévu.

Au-delà de tout ça, cette période socialiste soviétique me semble « oubliée » dans nos esprits français :
L’époque Stalinienne semble moins présente dans nos têtes que l’époque hitlérienne par exemple.
Certes, elle nous a moins touchée de près que cette dernière.
Pourtant le nombre de morts fut tellement important et sur tellement d’années,
Pourtant les camps russes existaient tout comme les camps de concentration,
Pourtant les méthodes employées furent tout aussi atroces,
Pourtant la peur des gens fut la même.

L’Histoire contient tellement d’horreurs que l’on retient plus ou moins,
Tellement de personnes sont mortes pour des idéaux plus ou moins valables :
Les bombes d’Hiroshima et Nagasaki : 250 000 morts en 3 jours en 1945
Le génocide Tutsi du Rwanda : 1 million de mort en 3 mois en 1994

Quand je regarde les périodes difficiles qui ont précédé ces sombres évènements,
Je ne peux m’empêcher de les comparer à notre crise actuelle :
De la révolution française à nos jours : privilèges ou dieu fric omniprésent.

Cela me travaille particulièrement en ce moment de crise économique :
La classe moyenne qui disparait, les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus pauvres.
Quelle différence finalement avec 1789 ?
(Hormis le fait que peuple ne meurt pas de faim car on le maintient grâce aux aides sociales.)

Les privilèges ne semblent pas avoir disparu cette fameuse nuit du 4 août et la dîme semble avoir pris une autre forme à destination des plus puissants.
Illusion ?
Une différence : l’amour de la mère patrie.
Y a-t-il encore un amour de la France à une époque où le plus important semble d’avoir un iphone et un écran plat ?
(Rajout de 9h23) : Y a-t-il encore même une démocratie ?
Je vous conseille un nouvel article de L’Odieux Connard publié ce jour ici

Ce n’est pas aujourd’hui que l’on répondra à toutes ces interrogations, j’en conviens.
En attendant, je vous conseille La Vie des Autres.
Très très beau film !

7 comments

  1. Poulpy says:

    Si tu aimes cette période et dans la même veine, loue ou acheté « Est-Ouest » de Régis Warnier avec Sandrine Bonnaire : boulversant sur cette idée du « eux ou moi », des apparences et de l’amour jusqu’au sacrifice…

  2. aliénor says:

    j’aime beaucoup ce que tu écris, c’est tellement vrai. je n’ai ni le temps ni la plume pour développer une réponse satisfaisante à mes yeux, mais je crois que le monde est de toutes façons géré par l’égoisme. on veut bien partager tant qu’on n’a rien, on veut bien d’un parti si il nous correspond, on n’aime pas ceux qui ne pensent pas comme nous alors qu’au fond, nous sommes tous plus ou moins égoistes! les intolérants de l’intolérance me font rire, pour reprendre le blog de l’odieux connard, lui aussi, il a tellement raison…
    bon j’arrete là car je me perds dans mes idées et les com de blogs ne sont pas bien pratiques pour s’esprimer. mais merci encore pour avoir exposer ton avis, je la partage entièrement, en particulier la différence que l’on fait aujourd’hui entre Hitler et Staline, ce dernier a eu l’intelligence de retourner sa veste au bon moment et de faire partie des gentils à la fin de la guerre, c’est plus simple…
    bonne journée

Laisser un commentaire