INSOLITE : Little dolls

Il y a peu, un article de Milk m’interpellait :
Les ados déjà égéries
Elles ont entre 13 et 17 ans et sont mannequins pour les plus grandes marques.

Elle Fanning, 13 ans, pose pour Marc Jacobs

Je trouve cela aberrant.
Des enfants femmes objet qui, je reprends le commentaire d’une amie avec qui je suis entièrement d’accord :
‘Permettent de créer un monde de paumées, d’anorexiques et de pédophiles’

Sans parler d’ado, je suis parfois étonnée de ce que les marques proposent pour les filles de l’âge de Joséphine.
Je suis assez classique, j’avoue rester chez Bonpoint ou Jacadi qui proposent selon moi des choses en accord avec son âge.
J’essaie d »écouter Maman qui me conseille de la ‘laisser dans son âge’.
Comme elle dit : elle aura toute sa vie pour porter un jean.
Un bloomer rose à pois en revanche …

Jacadi me permet donc de garder les basiques de petites filles : les roses pâles, les bleus pâles, les rayés …
(Même si la coll actuelle ne me plait pas du tout)
Bonpoint la rend plus moderne en proposant les Liberty, les écossais moins vus ou les noirs chics.
(Et c’est déjà parfois trop pour ma Maman qui ne voudrait que des smocks. Or sur ce point, je trouve qu’elle a passé l’âge des basiques robes roses à smocks)

Bref, à presque 2 ans 1/2, Joséphine n’a qu’un pantalon, un jean (comme sa Maman)
Qu’elle n’aime pas vraiment porter (comme sa Maman).
Et sa garde-robe essaie de rester ‘enfant’ voire ‘bébé’.

Je déteste tout ce qui fait Lolita, toute cette mode de femme/enfant qui arrive de plus en plus tôt je trouve.
En regardant les autres marques, il m’arrive d’être étonnée par les coupes,
Parfois même par les décolletés.

Et je ne parle même pas du monde étrange des concours de Mini Miss
Qui me laisse sans voix.
Mais que se passe-t-il dans la tête des parents ces enfants ?
Est-ce des rêves réalisés par procuration via leur fille ?

Ce thème a été repris par un jeune artiste français.
Alain Delorme est un photographe qui utilise l’outil informatique dans une logique d’hybridation des corps.
Sur le thème du diktat publicitaire, son oeuvre ‘Little dolls’ critique l’utilisation de l’image des enfants, en particulier des petites filles faisant d’elles des objets de consommation utiles aux lois du marché.

Alain Delorme, Little Dolls

Je reprend le texte de Jordi Gourbeix :
Inspirée de l’esthétique publicitaire, la série Little Dolls d’Alain Delorme porte un regard à la fois ironique et inquiétant sur l’identification des jeunes filles aux stéréotypes féminins occidentaux, dont la poupée Barbie, depuis plus de soixante ans, est devenue l’icône commerciale.
(…)
La photographie contemporaine, en acceptant chaque jour l’intrusion en son sein des possibilités de transformation du réel par les nouvelles technologies, est alors le médium le plus à même de reproduire, de décrire, et donc de dénoncer, cette situation.
Dans les images d’Alain Delorme, le mélange entre jeunesse innocente et objet commercial, dénonce la standardisation et l’assujettissement des corps, des sourires, des regards.
Peaux lisses, sourires et attitudes forcées sont contraints par une main toujours présente.

Alain Delorme, Little Dolls

Alain Delorme commente son travail de la façon suivante :
‘Aujourd’hui, l’esthétique est plus présente que jamais.
Dans une société où l’image fait partie intégrante de l’environnement quotidien, nous sommes face à un phénomène de normalisation.

Alain Delorme, Little Dolls

D’abord l’exigence de perfection s’est construite autour de la femme, puis de l’homme, et maintenant c’est l’enfant qui est au coeur du sujet.
À la fois symbole de l’innocence, centre de la cellule familiale, cible privilégiée des publicitaires, l’enfant n’a jamais été autant protégé et paradoxalement mis en avant en tant qu’objet commercial.
De nos jours, les petites filles veulent ressembler à leurs idoles: Lorie, Priscilla, Britney Spears…
Le «phénomène Lolita» ne cesse de grandir, il est véritablement ancré dans notre société.
Ces enfants-femmes sont visibles partout : à la télévision, dans les magazines, dans les films…
La série « Little Dolls » s’inscrit dans une réflexion autour de ce phénomène.

Alain Delorme, Little Dolls

À l’origine de ce travail, la photographie d’une fillette réalisée dans le cadre d’une commande publicitaire pour une multinationale, reine de la standardisation du mode de vie, Mac Donald.
Une petite tête blonde sur papier glacé, aseptisée comme le gâteau devant elle, à qui l’on offre à l’issue de la séance une poupée Barbie.
De là me vient l’idée d’hybrider son visage à celui du jouet. Une mutation du corps réalisée grâce à l’outil informatique.’

Alain Delorme, Little Dolls

Des images plutôt belles avec ce petit and) (grquelque chose de  dérangeant
D’autant plus inquiétantes que finalement pas tellement éloignées de celles que l’on pourrait trouver dans les magazines.

Alain Delorme, Little Dolls

Attention danger donc !

8 comments

  1. Payot et Gounie says:

    500% d’accord…Il n’y a qu’une enfance et elle doit être celle de l’insouciance.La vie se charge de vous faire vieillir si vite qu’il est inutile de se revetir des ans afin qu’ils n’arrivent: le rose aux filles, le bleu au garçon et il y aura moins de nevrosés et de lolitas!!!!!

  2. ClaireR15 says:

    C’est bien de remettre une couche en ayant écrit cet article.. il parait que certaine petite fille mette déjà des string au primaire !!! Les BOULES !!!
    En plius c’est moche :-)

  3. M@rie says:

    Je suis d’accord à 98% voire 99%, car pour moi le jeans, même sur une petite fille est un basique très très pratique, surtout en cette saison! Il suffit de choisir la coupe qui va bien… Et ma petite malice en porte souvent, avec comme dessus… une petite tunique liberty et un cardigan uni assorti! Lorsqu’elle joue au parc, pas de risque de voir sa petite culotte épaisse en coton!

  4. Delphine says:

    C’est vrai que la mode pour lolitas fait peur : débardeurs au ras du nombril, pantalons taille basse, coupes moulantes. Sans parler du maquillage outrancier et des poses presque lascives dans certaines publicités (parfums ou autres) exposer des pré-ados au regard d’autrui, c’est les mettre en danger. Certains parents ne réalisent pas…

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