MIAM : Des macarons ? Oui, mais de Bordeaux !

J’avais promis de quitter un peu le monde de l’enfant.
Et si on commençait la semaine par des gourmandises?

Si je vous dis : Baillardran?
Vous me répondrez sûrement cannelés.
Et vous avez raison !
Il s’agit bien du grand nom du canelé bordelais qu’on ne présente plus.

Cannelés Baillardran

Un peu de culture :
C’est un petit gâteau à pâte molle et tendre, parfumé au rhum et à la vanille, recouvert d’une croûte épaisse caramélisée.
Son nom vient du gascon canelat qui signifie cannelure (lié à la forme du moule utilisé).
Il peut s’écrire caNNelé mais aussi caNelé (nom déposé par la Confrérie du Canelé)
Les premiers ont été fabriqués par les religieuses de L’Annonciade du côté de Bordeaux au XVIIème siècle.

Baillardran en propose de toutes les tailles,
Diverses cuissons selon les goûts,
Version classique ou ‘or’ (mélange sélectionné de Rhum, sucre, farine et de Vanille).

Alors pourquoi ce titre à l’article du jour?
Car, moi, si vous me dites : Baillardran?
Je vous réponds illico : MA-CA-RONS !!!!

Une explication s’impose :
A 18 ans, je n’ai pas (encore) quitté ma province.
Mais j’ai quitté ma petite ville,
Bien décidée à empoigner la vie !

18 ans,
Bac avec mention sans effort,
Acceptée dans la classe préparatoire de mon choix,
Amoureuse comme on l’est lorsque c’est la première fois qu’on aime vraiment,
Encore enfant par tellement des côtés,
Envie d’être adulte par d’autres.

Je rejoins donc le lycée Montaigne à Bordeaux pour faire ‘maths sup’
(MPSI pour ceux qui connaissent)
Insouciante et inconsciente !

Lycée Michel Montaigne, Bordeaux

L’année de sup se révèle … étonnante.
J’avais toujours été première de ma classe, toutes matières confondues.
Je n’avais jamais reçu une note au dessous de la moyenne.

Et d’un coup, me voilà bonne avant-dernière,
Ma moyenne frise le 5/20,
Et surtout, je me sens vite complètement larguée en cours.

Cela a un côté inquiétant mais également si excitant :
Quitter enfin l’étiquette de première de la classe !
Ne plus avoir à prouver sans cesse aux autres que, malgré tout, vous êtes ‘cool’.

Et puis surtout, si ma tête essaie de faire des maths,
Mon cœur, lui, est ailleurs.
Cela dédramatise cet échec scolaire que je vis plutôt bien!

Il faut ajouter à cela que je me fais vite de très bons amis.
Pierre, Sébastien, Victor, Matthieu.
On s’entre-aide, on se nourrit mutuellement,
On recopie nos devoirs à la maison,
On découvre la vie étudiante !
(En prépa, on sort peu. Mais quand on sort, on ne fait pas semblant !).

Les petits diners dans les appart’ étudiants (menu pâtes ou knacki/pain de mie)
Le non-shopping rue Sainte-Catherine (pas de sous),
Les soirées à la Victoire (le Bodegon, le BV, le Boeuf sur le Toit, les Tontons Flingueurs …),
Les nuits sur les quais (La Lune, le Polux…) …

Place de la Victoire, Bordeaux

Bien évidemment, l’année de spé est … dure.
(MP pour les connaisseurs)

Passée en 2ème année de façon très limite, je retrouve mes bons amis sur les bancs du lycée.
Je suis une matheuse, c’est certain.
La physique, je n’y comprends toujours rien !

En plus, à force d’hypothèses,
Je me demande encore comment les avions peuvent voler !
(Je me le demande d’autant plus maintenant que Chéri Chéri participe à la conception de certaines parties ;))
Heureusement, le français et l’anglais me sauvent toujours !

Je rencontre des professeurs qui me marqueront à vie :
Mme Agard : pour sa gentillesse et ses cours de français si intéressants
M Soladié : qui d’abord me fait très très peur mais qui finalement se révèle plus inquiet de notre avenir qu’autre chose
(Surtout qu’on ne finisse pas à l’école de ‘Trifouillis-Lès-Oies’ !)
M. Valmary : prof d’anglais comme on n’en fait peu.

Les semaines lourdes reprennent :
6 jours sur 7
Des journées de 11 heures
50% de maths
40% de physique
2 khôlles (interros orales) par semaine
On vit pratiquement dans le lycée !

Lycée Montaigne, Bordeau

On se fait encore de nouveaux amis,
Surtout parmi les nouveaux, nos bizuts.

Notamment un grand brun à l’accent du sud-ouest fort prononcé,
Un garçon qui s’appelle alors Super Bizut
Et qui deviendra beaucoup beaucoup plus tard Chéri Chéri !

Je pourrai alors me mettre à bosser dur, dur, dur mais …
Côté cœur, pour le moment, c’est la cata !
Je connais mon premier chagrin d’amour.

Vous savez :
Celui où l’on reste dans sa couette à écouter des chansons d’amour pathétiques
(‘Je te promets’ de J.Halliday pour moi)
Celui où l’on pleure en regardant les photos d’avant ou en serrant un objet oublié
(en sentant un pull oublié pour moi)
Celui où l’on reste près du téléphone en se disant qu’il va forcément sonner
(des soirées entières pour moi)
Celui où l’on se demande comment on va continuer
Celui qui fait qu’on se protègera toujours un peu après
Et celui où on gonfle tous ses amis ;)

Je souris maintenant en repensant à cette période,
A mes 20 ans.
Mais à l’époque, je pensais réellement que le monde allait s’arrêter de tourner.
Bien sûr, avec tout ça, je n’ai pu que … redoubler !

Deuxième année de spé… ultra studieuse.
Quand je me retrouve en ce jour de rentrée sur les bancs du cours de maths,
Je réalise que :
Tous les copains sont partis en écoles d’ingénieur,
Je suis seule pour un an.

Mes amis si proches découvrent les joies des journées light,
(So strange)
Des soirées du jeudi soir,
(les mythiques soirées étudiantes, les vraies !),
Des weekend de folie,
(i.e. sans travailler !).

Mes amis n’ont pas vraiment le temps de me téléphoner,
De me remonter le moral,
Ou de me rebooster pour les devoirs sur table de maths du jeudi
Ou pire : les interros de physique le samedi matin.
(Sauf un : merci Victor, je pense que sans toi, je n’aurais pas tenu le coup !
Et bien sûr, ma fidèle Ariane qui a toujours été là :
pour me faire rire,
pour me consoler,
pour m’écouter,
pour partager,
pour me nourrir,
pour me secouer !)

Je réalise également en cette année qui commence que :
Si je ne réussis pas, j’aurais perdu 3 ans d’études !
La seule chose qui me plairait alors ce serait médecine
mais le d
roit à l’erreur ne serait plus là !

Je mets donc (enfin) les bouchées doubles !
Avec mon amie Diane, qui a également signé pour une année de plus,
nous nous serrons les coudes.

Nous connaissons tous nos bouquins par cœur.
(Notamment notre bible :

ça fait rêver n’est-ce pas?)
Nous nous faisons réviser,
Nous nous laissons copier l’une sur l’autre !

Quant à Super Bizut devenu Bon Ami, il assurait en PSI*
PSI =  Ceux qui comprennent la physique plus que les autres.
* (prononcer ‘Star’, pas du tout prétentieux !) = les meilleurs des précédents.
Les contraires s’attirent !
Chéri Chéri, déjà la force tranquille …

Heu… dites-moi?
Le lien avec les macarons???
J’y viens !

Une fois arrivé en février, commence alors la phase de révisions pour les concours.
Je suis cloitrée chez moi avec un programme strict.

Je me nourris de maths, de phyique (beuuurk !),
De pain et de sardines.

Ma seule sortie est d’aller marcher au jardin public en bas de chez moi.
Parfois avec futur Chéri Chéri (qui, lui, ne révise pas !).

Pour faire une pause, je joue aussi au snake sur mon Nokia 3310.
(Vous souriez? Ça ne nous rajeunit pas, n’est-ce pas?)
Je bats des records à ce jeu !

Je distingue à peine le jour de la nuit
(Bon, ok, là, j’exagère ! Mais Maman me lit ;)).

Quoi qu’il en soit, un matin,
Alors que ma tête bouillonne de formes quadratiques hermitiennes dans un espace pré-hilbertien complexe,
(ça en jette, hein?),
On sonne à ma porte :
Maman et Papa me font livrer des macarons Baillardran pour me donner du courage !

Ces macarons garderont à jamais un goût de remontant dans mon esprit.
Ce sera un joli souvenir de cette fin de tunnel.
Le coup de pouce final de ceux qui devaient mourir d’inquiétude pour moi.

Ces macarons sont absolument délicieux et pourtant, pas si connus que ça !

Macarons Baillardan

Chocolat, vanille, café, citron, framboise, caramel au beurre salé, rose ..
Une multitude de goûts, un arc en ciel de couleur …

Pour finir l’histoire, quand même,
J’ai réussi mes concours et intégré l’école que je voulais absolument à Grenoble !
Devenu Chéri Chéri, celui-ci a été reçu dans celle qu’il désirait également à … Poitiers.
J’ai donc renoncé aux macarons et ai retrouvé mon pain/sardines pour économiser en vu de payer les billets de train !

Ma plus belle histoire commençait !

Presque 10 ans après,
Maintenant que je suis parisienne,
vous me direz que les macarons sont forcément Ladurée ?
Eh bien que nenni !
Ils n’atteignent pas le moelleux, la légèreté et la délicatesse de leurs homologues bordelais !

A chaque passage à Bordeaux,
Je me demande si cette préférence n’est pas juste lié à ce souvenir.
De plus, à cette période, tout ne pouvait qu’être meilleur comparé à mes sardines en boite !

Alors, quand nous retrouvons avec joie toutes ces rues maintes fois arpentées,
Tous ces quartiers remplis de souvenirs,
Nous retournons toujours au Marché des Grands Hommes pour goûter de nouveau les macarons Baillardran.
Et nous confirmons : ce sont les meilleurs !

Mes préférés : chocolat évidemment !
Les préférés de Chéri chéri : caramel beurre salé
Les préférés de Joséphine : ceux qui restent !

31 comments

  1. Marie Agnes says:

    Comme tout cela me parle…..Tu changes les prénoms des amis tu les remplaces par Steph et Loic..tu reprends les anciens noms : P, P’, M, M’ (donc’ et pas*)….pour ma part…ce fut P….le fond du fond du gouffre….et pas des macarons Ballairdan mais des Macarons Adam et des Gto Basques de Bassilour (avis aux basques) que maman me faisait livrer (surtout bien plus tard…pendant ma thèse post école)….J’ADORE ces souvenirs…les miens ne sont pas si dífférents…Chéri Chéri était déjà à Paris quand nous arpentions la Rue Sainte Catherine….et encore et toujours à Paris…quand il faisait si froid à Grenoble…pendant ces 3 ans d’ingé festifs!!!! …nostalgie…NON! pour rien au monde je referais ma prépa…trop de travail pour peu de résultats acceptables (cf la bonne éléve qui tombe à la renverse en prépa…) biz ma belle

  2. maider says:

    QUELLE JOLIE HISTOIRE!
    nous avons usé nos fonds de culottes sur les mêmes sièges (de bistrots!!!).
    ton périple est un peu parallèle au mien. sauf, que moi je suis restée dans mon sud-ouest et c’est plus pratique pour le ravitaillement en macarons (entre Adam et Baillardran!).

  3. sab84 says:

    Bonjour j’arrive chez vous grâce à Ana et j’ai été très touché par votre article concernant vos études et l’histoire des macarons. Bon après midi et à bientôt Sabine.
    le-pinceau-de-tulear.over-blog.com

  4. JOhanna says:

    ouaaaaaaaaa ça remue des souvenirs…moi aussi fac de psycho Victor Ségalen, le shopping sans sous de la rue ste catherine, des heures à arpenter, et puis la rencontre du grand amour à la Bodeguita(lol) qui me donnera ma fille quelques mois plus tard….et le chagrin d’amour 4 ans plus tard….aie aie aie !!!!moi c’était plutôt salé mes souvenirs bordelais…hihi le panini poulet-curry chez Amor………….mmmmmmmmmmmm!!!!!monpassage éclair à Bordeaux je m’en souviendrai toute ma vie!!!une toute petite année remplie de souvenirs!!!!merci pour ce joli article plein de souvenirs!!!!

  5. diane says:

    J’adore, ça m’a rappelé plein de souvenirs!! Et réussir à caser « formes hermitiennes sur un espace préhilbertien complexe »… RESPECT!!! ;-)
    Et, oui, ces macarons sont trop bons!! (Quand je dis « trop », c’est pas trop hein)

  6. christelle says:

    Alors étant donné que tu es parisienne maintenant, j’ai plus de chances que toi d’aller très vite goûter les macarons de Baillardran à Bordeaux ;-) ! Enfin, ça me met davantage en appétit que les maths moi !!!

  7. sophielastyliste says:

    Un point commun; Bordeaux. Pour moi jusqu’en première année d’étude.Autant te dire que les jeudi à la Victoire et la soupe à l’oignon aux Capucin, ça me connait…Mon frère a fait une prépa sup et spé à Montaigne…Bien avant toi certainement. Plus modestement j’étais à Montesquieu; Mes plus belles années!
    Et définitivement, chez Baillardran, ce sont les cannelés OR! Divins!

  8. bergamote says:

    Sympa ton article!! je me suis un peu retrouvée dedans..Et l’école à Grenoble, c’est laquelle? moi j’ai fait l’ENSPG ;-)
    Je connaissais les cannelés Baillardan, mais merci de nous avoir fait découvrir les macarons! Bonne journée! Anne-Marie

  9. Anonymous says:

    Marquée par M Soladié !!!
    T’es pas la seule

    « Bougre d’äne »
    « Bougre d’imbécile »
    « N’importe quel élève de la classe de 4ème A de Triffouillis « Super » les Oies sais ça »
    « Mieux que Madame soleil »
    « Qu’est ce qu’il a, il veut un IBM ? »

  10. Lochrann says:

    Bonjour,

    Mon Mr Soladié officiait en sup à Versailles à mon époque reculée du temps jadis, mais c’est forcément le même (je ne conçois pas qu’il puisse y en avoir 2 de la même variété – ils se seraient annihilés depuis longtemps dans une grande bouffée de logique).

    « Bon sang, mais c’est triviââaal!… »

    Je l’entends encore dans mes oreilles.

    C’était il y a 25ans – et j’ai tout oublié aujourd’hui… Sauf que Bolzano Weierstrass implique Borel Lebesgue (et réciproquement d’ailleurs), allez savoir pourquoi.

    Chouette article.

  11. Emilie says:

    Je suis de Bordeaux si tu veux que je t’en envoie dit moi ca ne me derange pas du tout. Sinon la prochaine fois que tu viens va gouter ceux des Douceurs de Louise autour du Marché des gds hommes ils st delicieux.

  12. Lau says:

    Clémence ô malheur.. Je te lis depuis un moment et n’ai jamais voulu commenter…jusqu’à présent…
    Baillardran les meilleurs macarons?
    Visiblement tu ne connais pas Pierre Hermé.. http://www.pierreherme.com

    Je suis aussi bordelaise mais Baillardran ne sont ni les meilleurs en cannelés (« la toque cuivrée » les surpasse largement) ni en macarons malheureusement.

    Question de gout certainement…

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